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Uber craint de perdre des chauffeurs et des clients

Marie Christine Trottier | Agence QMI

Uber craint de perdre des chauffeurs et des clients à cause des nouvelles normes imposées par le gouvernement.

«Si ça continue comme ça, je vais quitter, ce n’est pas rentable», affirme Mohammed, un chauffeur Uber.

Même si l’entreprise n’est pas prête à quitter la province, le projet pilote du gouvernement impose «des contraintes importantes et il va falloir évaluer les impacts sur le futur», a indiqué Jean-Nicolas Guillemette, directeur général d'Uber pour le Québec.

Dans le cadre du projet pilote instauré par Québec, tous les chauffeurs Uber inscrits sur la plateforme avant le 17 août devront se procurer un permis de conduire pour taxis, de classe 4C, avant le 9 décembre. Ceux qui se sont inscrits depuis le 9 septembre doivent déjà avoir le permis de classe 4C.

M. Guillemette craint que la SAAQ ne puisse parvenir à délivrer ces milliers de nouveaux permis pour cette date.

«Si les chauffeurs n'ont pas leurs permis 4C après le 9 décembre, ils seront automatiquement désactivés de la plateforme Uber», a-t-il indiqué.

Encore avantageux?

L'obtention du permis 4C requiert une inspection du véhicule, un examen écrit à la SAAQ, un examen médical ainsi qu'un examen de la vue. Il faut également payer un peu moins d'une trentaine de dollars. Uber offre par ailleurs un bonus de 50 $ aux chauffeurs qui complètent leur classe 4C avant le 15 novembre.

Selon M. Guillemette, ces démarches représentent une barrière importante pour les chauffeurs Uber à temps partiel, qui ne font que quelques heures par semaine. Environ 80 % font moins de 30 h par semaine et 50 % moins de 20 h. La cinquantaine de chauffeurs Uber malentendants ne pourront quant à eux obtenir le permis de classe 4C et seront exclus du service.

«Tant qu’à passer le permis, aussi bien essayer de devenir chauffeur de taxi ou travailler pour Téo», croit Mohammed.

Plus de frais

Pour chaque course, Uber doit désormais verser des frais de 90 cents plus taxes au gouvernement. Ces nouveaux frais pourraient «limiter le choix des consommateurs», même si les tarifs demeurent un peu moins chers que les courses dans les taxis réguliers.

«Les revenus ont chuté d’environ 10 à 15%, mais ce n’est pas grave pour moi puisque je fais ça surtout pour rencontrer des gens», indique Said, un chauffeur Uber.

Mathieu Visser, un autre chauffeur Uber, voit tout de même un avantage dans cette nouvelle réglementation puisqu’elle «permet de travailler de façon tout à fait légale, et ça n'a pas de prix». Il ne craint donc plus se faire saisir par les inspecteurs du Bureau du taxi.

Nombre de permis de classe 4C émis par la SAAQ

Octobre 2015: 152

Octobre 2016: 383

Nombre de saisies de véhicules pour transport illégal par le Bureau du taxi de Montréal

2014: 34

2015: 585

2016 (jusqu'à ce jour): 921

Hausse des amendes pour transport illégal

Avant la nouvelle loi : amende entre 350 $ et 1050 $

Depuis l'entrée en vigueur le 8 septembre : amende entre 2500 $ et 25 000 $

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