/news/currentevents

EXCLUSIF | Les Québécois sont outrés par les agissements de la police

Jules Richer

 - Agence QMI

Près des trois quarts des Québécois réprouvent la mise sous surveillance des journalistes par la police, révèle un sondage Léger TVA Nouvelles/Journal de Montréal, réalisé mardi.

Une proportion de 72 % des personnes sondées estime ainsi qu’il est «inacceptable» de la part des forces de l’ordre de surveiller les téléphones des journalistes pour connaître l’identité de policiers qui leur fournissent de l’information.

Pour la firme Léger, le sondage démontre ainsi un véritable consensus des Québécois. «C’est rare qu’on voie un consensus comme celui-ci au Québec», a souligné Christian Bourque, vice-président exécutif chez Léger, en entrevue.

Ce sondage visait à tester les perceptions des Québécois dans la foulée de l’affaire du chroniqueur Patrick Lagacé espionné par le Service de police de la Ville de Montréal.

Dans une autre question, 75 % des personnes sondées pensent que cette affaire remet en cause la liberté de la presse au Québec. Selon M. Bourque, il est évident pour les Québécois «qu’une frontière a été franchie» par la police de Montréal.

«Les gens estiment qu’on a tenté de porter atteinte au rôle que doivent jouer les médias au Québec», a dit M. Bourque.

Enquête indépendante

Une proportion de 74 % des personnes interrogées est d’accord avec la tenue d’une enquête indépendante sur les pratiques policières à l’endroit des journalistes. Mardi, le gouvernement Couillard a d’ailleurs annoncé la mise sur pied d’un comité d’experts indépendants pour étudier la situation.

«La réponse à cette question du sondage valide l’idée du premier ministre Philippe Couillard de faire une enquête indépendante», a expliqué M. Bourque.

L’avenir de Pichet

Léger a également abordé l’avenir du directeur du SPVM, Philippe Pichet. L’opinion des répondants est partagée, mais on constate néanmoins que 38 % d’entre eux croient que M. Pichet n’a plus la légitimité pour exercer ses fonctions, tandis que 27 % croient qu’il l’a encore et que 35 % ne savent pas ou ne veulent pas répondre.

Le sondage a été réalisé dans l’après-midi de mardi, et ne reflète donc pas l’impact des nouvelles révélations de notre Bureau d’enquête qui viennent ternir davantage l’image du SPVM par rapport à ses relations avec les journalistes.

Pour M. Bourque, il est probable que la légitimité de Philippe Pichet risque encore de baisser dans l’opinion publique au cours des prochains jours à cause de ces nouvelles révélations.

Un chien de garde

Chose certaine, la population québécoise estime que les médias doivent continuer leur travail de chien de garde des institutions. Une proportion de 72 % des répondants a répondu par l’affirmative à une question sur la nécessité pour les médias de faire des enquêtes approfondies sur les pouvoirs publics.

Finalement, les Québécois croient dans une proportion de 37 % que la presse n’est pas libre dans la province. À l’inverse, 63 % affirment qu’elle l’est.

Le résultat de 37 % témoigne, selon M. Bourque, une inquiétude bien réelle dans la population à propos du rôle des médias.

Le sondage a été réalisé par internet auprès de 760 personnes. À titre comparatif, un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de plus ou moins 3,6 %, et ce, dans 19 cas sur 20.

Pour consulter les résultats complets du sondage, cliquez ici.

 

Dans la même catégorie