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Projet de loi 62: «Discriminatoire envers les musulmanes»

ARCHIVES, AGENCE QMI

Le projet de loi sur les accommodements religieux est discriminatoire envers les femmes musulmanes, croient la Commission des droits de la personne et la Ligue des droits et libertés de la personne du Québec.

«Le projet de loi 62 fait du profilage religieux», a soutenu le président de la Ligue des droits et liberté (LDLPQ), Christian Nadeau, alors qu'il participait, mardi, à la consultation publique sur le projet de loi «favorisant le respect de la neutralité religieuse de l'État et visant à encadrer les accommodements religieux».

L'obligation de donner et recevoir des services publics à visage couvert cible directement l'Islam, croit Me Lucie Lamarche, membre du comité exécutif de la LDLPQ. «Connaissez-vous beaucoup de religions qui exigent que les femmes se couvrent le visage. Je n'en connais qu'une. C'est pas mal enligné sur l'Islam, ce projet de loi (...) C'est de la pure discrimination», a soutenu Me Lamarche, en entrevue avec notre bureau parlementaire.

«Le vrai problème c'est dans la manière dont nous, comme société, nous voulons discriminer des personnes sur la base de leurs convictions, a plaidé pour sa Christian Nadeau. Il n'est pas possible, selon la LDLPQ, de choisir à la pièce les droits qui conviennent au législateur. «Sinon nous ne sommes plus dans un État de droit», a ajouté M. Nadeau.

Par la suite, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse est venue reprendre, presque mot pour mot, l'argumentaire de la LDLPQ. «On vise toujours les mêmes, les femmes d'une religion en particulier, autant on veut essayer de protéger l'égalité entre les hommes et les femmes, autant par certains éléments on vient stigmatiser ces personnes-là, c'est dangereux. Revenons à la charte des droits et libertés de la personne, elle est complète», a suggéré le président de la Commission Camil Picard.

Une charte demandée

Pour sa part, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) a exprimé une position aux antipodes de la Commission et de la Ligue des droits et libertés, demandant au gouvernement d'adopter une charte de la laïcité. «Le projet de loi 62 est trop timide. Il stipule la nécessité d'avoir le visage découvert lors de la prestation de services (...) mail il permet implicitement tout le reste», a exposé le président du SFPQ Christian Daigle.

«La solution passe plutôt par l'adoption d'une charte de la laïcité afin d'exprimer réellement la laïcité.» La ministre de la Justice Stéphanie Vallée a signifié qu'une telle charte porterait atteinte au droit à la liberté de religion.

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