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La SQ confirme avoir épié six journalistes

TVA Nouvelles

La Sûreté du Québec a confirmé qu'elle avait mis sous surveillance six journalistes en 2013 à la suite d'une demande faite au ministère de la Sécurité publique.

Guy Lapointe, chef de service du Service des communications avec les médias, a expliqué que des circonstances bien précises avaient mené à l'obtention de registres des appels entrants et sortants de ces journalistes.

«C'est une enquête initiée en 2013 qui visait à déterminer si des gens avaient illégalement divulgué de l'information obtenue, des conversations qui avaient été obtenues, dans le cadre d'une écoute électronique», a expliqué le porte-parole.

«On a découvert que des ordonnances de communication avaient été obtenues par des enquêteurs», a-t-il poursuivi.

Plainte de Michel Arsenault

En septembre de 2013, notre Bureau d'enquête a diffusé un reportage qui alléguait que la SQ avait informé le gouvernement qu'il y avait écoute électronique sur Michel Arseneault, alors visé par une enquête criminelle. Le but était de s'assurer qu'il n'obtienne pas de siège à la Caisse de dépôt et placement du Québec. 

Cette surveillance des appels entrants et sortants des journalistes est donc venue à la suite d'une plainte de Michel Arsenault qui a demandé au ministère de la Sécurité publique d'ouvrir une enquête auprès de la Sûreté du Québec en 2013. 

Il n'y a pas eu de surveillance physique ni d'écoute électronique lors de cette enquête qui a été autorisée par l'ex-chef de la SQ, Mario Laprise.

Éric Thibault du Journal de Montréal, Marie-Maude Denis, Alain Gravel et Isabelle Richer de Radio-Canada ont confirmé qu'ils faisaient partie des journalistes visés. Les journalistes Denis Lessard et André Cédilot ont aussi été surveillés.

Selon le porte-parole, le patron de la SQ serait très préoccupé par toute cette histoire. Dès mardi, Martin Prud'homme a mis en place une série de mesures, dont celle de pouvoir entrer en contact avec les journalistes visés par cette enquête.

«Une demande a été faite auprès de la Sécurité publique pour qu'un tiers indépendant se voie confier une enquête sur l'enquête de 2013 pour s'assurer que ç’a été fait dans les règles de l'art», a insisté M. Lapointe.

Il semble que cette pratique est mieux encadrée depuis. «Ce genre de technique ou de méthode-là doit être utilisée avec parcimonie. Et d'ailleurs, à la Sûreté du Québec maintenant, sous M. Prud'homme, elles ne peuvent être utilisées qu'avec l'autorisation expresse du directeur lui-même», a-t-il conclu.

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