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De passage à Montréal

Nicole Garcia: femmes, liberté et Mal de pierres

Ariane Labrèche | Agence QMI

Sébastien St-Jean / Agence QMI

Véritable icône et figure marquante du cinéma français, la réalisatrice Nicole Garcia est de passage à Montréal pour présenter son dernier film, «Mal de pierres», dans le cadre du festival Cinémania. Femme d’exception, la réalisatrice a su utiliser le septième art comme outil d’émancipation.

Nicole Garcia dégage une énergie impétueuse. Ses yeux ambre ne mettent qu’un instant pour jauger la personne qu’ils regardent et la réalisatrice n’a pas de temps à perdre. Celle que l’on a d’abord connue comme actrice ne cache pas son agacement préalable à parler de cinéma et de femmes.

«Je crois que c’est peut-être lié à mon histoire, dit-elle. Quand on est actrice, on est tellement rivée à son sexe. Les femmes ont mis tellement de temps à arracher le cinéma aux hommes... Je ne veux pas qu’on décrive les films de réalisatrices comme «des films de femmes», qu’on met dans un jardin privé, à l’écart.»

Une plus grande sensibilité dans les choix de programmation des festivals permet, à son avis, d’entrevoir une amélioration. C’est le cas à Cinémania, ou pas moins de 11 réalisatrices verront leurs films projetés. «J’espère quand même que ce sera de moins en moins une variable d’hommes ou de femmes, que ce sera naturel et qu’on ne se posera même plus la question», souhaite-t-elle.

Tenir les rênes

Lorsque Nicole Garcia est passée derrière la caméra, elle a éprouvé un grand sentiment de liberté. «Je pouvais créer tous les personnages que je voulais: des hommes, des femmes, des enfants, des vieillards... Peu importe de quel personnage il s’agit, je l’ausculte et j’y mets autant de trame personnelle, qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme. Je me réclame de l’intimité de tous», affirme-t-elle

Dans «Mal de pierres», elle décortique de manière presque chirurgicale les rapports humains tragiques entre Gabrielle, interprétée par Marion Cotillard, son mari et son amant.

«L’histoire m’est venue d’un livre qui m’a troublée. C’est un personnage qui veut ce que tout le monde lui refuse, soit l’amour, qu’elle appelle la «chose principale». Elle veut connaître ce qu’il y a de sexuel et sacré, deux mots qui veulent dire la même chose», explique la cinéaste, avec beaucoup de douceur.

C’est un film sur l’amour, donc. Mais qu’y a-t-il encore à dire sur l’amour? «Tout. De l’amour on dit beaucoup de choses et pas grand-chose. C’est ce qui rend la vie plus grande que la vie, quelle que soit la forme d’amour», affirme avec ferveur Nicole Garcia. Une chose, l’amour, qui selon elle donne un sens à la vie même. «C’est la rencontre avec l’autre, le grand autre, avec un grand A. On ne peut y arriver seul, souligne-t-elle. C’est normal que ce soit une quête pour nous tous...qui marche ou pas.»

En plus de la présentation de son dernier film, Nicole Garcia fera l’objet d’une rétrospective à la Cinémathèque québécoise, où seront projetés certains de ses films, ainsi que d’autres où elle est apparue en tant qu’actrice. Une occasion unique d’apprécier à sa pleine mesure l’ampleur de la carrière de cette grande dame du 7e art.