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Le député péquiste Stéphane Bergeron se retire de ses fonctions

Marc-André Gagnon | Agence QMI

Estimant être devenu une source de «distraction» au sein de son caucus, le député Stéphane Bergeron se retire de ses fonctions de porte-parole du Parti québécois en matière de Sécurité publique.

«J'ai bien conscience, depuis hier (mercredi), d'être devenu, bien malgré moi, une distraction qui empêche qu'on prête toute l'attention requise à ces trois propositions solides. J'ai donc offert ce (jeudi) matin au chef du Parti québécois de me retirer de mes fonctions de porte-parole en matière de Sécurité publique», a déclaré jeudi matin le député péquiste de Verchères.

«J'ai accepté la proposition, qui est tout à l'honneur de Stéphane, et j'ai demandé à Pascal Bérubé, qui est notre leader (parlementaire), de prendre le dossier de la sécurité publique jusqu'à ce que la lumière soit faite», a ajouté le chef péquiste Jean-François Lisée, qui a réitéré, jeudi matin comme la veille, sa pleine confiance envers M. Bergeron.

Le député de Verchères est mis en cause dans les dernières révélations voulant que des journalistes aient été épiés par la SQ, en 2013, alors qu'il était ministre de la Sécurité publique.

Après avoir reçu une lettre du président de la FTQ de l’époque, Michel Arsenault, qui se plaignait d’être victime de coulage d’information policière le concernant, M. Bergeron était intervenu la même journée auprès de la Sûreté du Québec afin de réclamer une enquête.

«C’est quand même curieux ce qui s’est passé, a commenté mercredi l’actuel ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, en annonçant la tenue d'une enquête administrative. [...] Une lettre est arrivée à son cabinet le matin et le soir, une enquête était déclenchée (par la SQ). [...] La coïncidence est grande.»

Lisée défend Bergeron

«Ce qui me mortifie aujourd'hui, c'est qu'on ait pu laisser entendre que j'avais quoi que ce soit à voir avec le fait qu'on ait épluché les registres d'appel des journalistes», a déploré jeudi matin M. Bergeron, qui siègera jusqu’à nouvel ordre comme simple député, tout en demeurant au sein du caucus péquiste.

«Il est faux de laisser entendre que Stéphane a voulu ou fait en sorte que des journalistes soient sous enquête. Aucun témoignage, aucun début de preuve ne peut corroborer cette version des faits», a déclaré le chef péquiste Jean-François Lisée, en guise d’appui à son député.

M. Lisée a aussi défendu l'intervention faite à l'époque par M. Bergeron auprès du chef de la Sûreté du Québec d'alors, Mario Laprise.

«J'ai été conseiller de deux premiers ministres, a rappelé M. Lisée. Il semble y avoir une fausse perception que jamais le ministre de la Sécurité publique ne doit parler au directeur de la SQ. C'est absurde. La question, c'est: de quoi doit-il lui parler? Il ne doit jamais lui parler du contenu des enquêtes. Il ne doit jamais essayer de savoir ce qui se passe dans les enquêtes, mais il doit voir à la bonne marche de la sécurité publique.»

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, considère au contraire que M. Bergeron n’aurait jamais dû effectuer ce genre d’intervention.

«Ce n'est pas normal qu'un ministre de la Sécurité publique appelle le directeur de la SQ pour dire: qu'est-ce que c'est, ça», a dit M. Legault.

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