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Partisans de Trump et fiers de l'être

Richard Latendresse

 - TVA Nouvelles

La Caroline du Nord a connu un va-et-vient incessant des deux candidats à la présidence tout au long de la dernière semaine de campagne. On sent de la nervosité dans les deux camps, mais si Hillary Clinton peut se permettre de perdre l’État en faisant des gains ailleurs, Donald Trump n’a pas de choix : il doit absolument remporter l’État s’il veut accéder à la Maison blanche.

Ses partisans, avec lesquels j’ai passé la journée du jeudi, 3 novembre, à Concord où le candidat républicain a tenu un grand rallye politique, sont à la fois tendus et confiants.

Rudy Lavine, gaillard de 67 ans, anciennement entrepreneur en construction à Chicago, vit une demi-retraite en Caroline du Nord. Il s’est pointé à ce rassemblement huit heures avant l’ouverture des portes. Il aime, chez Donald Trump, ce côté batailleur qui n’abandonne jamais.

La possible victoire, tout le monde ne la sent pas de la même façon, mais avec des sondages qui se sont constamment améliorés pour le milliardaire newyorkais au cours des dix derniers jours, ils sont de plus en plus nombreux à faire écho au commentaire de leur candidat : « Vous êtes à cinq jours (ce jeudi-là) du changement que vous avez attendu toute votre vie. »

Lydia Cook, 48 ans, et sa voisine, Autumn Bryant, 25 ans, ne doutent pas qu’il ferait... fera un bon président, malgré son inexpérience politique.

Je reviens un moment à Rudy Lavine, cet entrepreneur en construction, père de trois filles aujourd’hui dans la quarantaine. Il vote républicain depuis Nixon en 1972, mais il ne l’a jamais fait avec l’enthousiasme qui l’animera cette fois-ci. Notamment, parce qu’il croit lui aussi qu’il est temps qu’un homme d’affaires vienne faire le ménage au sein du gouvernement américain.

Le thème du « pays est sur la mauvaise voie » revient constamment dans les conversations avec les supporteurs de Trump, comme avec Florence Gottmann, Française originaire de Normandie qui a accompagné son mari dans son État, la Caroline du Nord, il y a cinq ans. On trouve très peu – en fait, rien – à dire de bon sur la présidence Obama.

Fascinant de voir et d’entendre à quel point les républicains tiennent peu rancœur à leur candidat pour ses propos sexistes à l’égard des femmes! Il faut dire que ceux qui les ont mal pris au point de ne pas envisager de voter pour lui ne s’étaient probablement pas déplacés pour ce rassemblement politique.

Il y a bien Lydia Cook qui m’a admis avoir été déçu de l’entendre parler aussi vulgairement, mais d’une femme à l’autre que j’interrogeais, elles semblaient partager le même sentiment : les hommes, qu’ils l’avouent ou non, disent tous ces choses... parfois.

Une impression des plus âgées comme des plus jeunes, telle Mollie Jones, 19 ans, partisane enthousiaste, elle et son copain, de Donald Trump depuis le début.

À l’emballement que génère le candidat républicain, il faut opposer l’antipathie spontanée et généralisée qu’inspire sa rivale démocrate. Les militants que j’ai interrogés au Cabarrus Arena de Concord ce jour-là ne pouvaient pas concevoir qu’Hillary Clinton puisse retourner à la Maison blanche par la grande porte.

La seule raison pour laquelle Rudy Lavine n’était pas inquiet à l’idée de la voir remporter l’élection présidentielle, c’est que, selon lui, les élus républicains au Congrès déclencheront, au lendemain de son assermentation, une procédure de destitution.

Oui à une femme présidente, mais pas elle!

Autre volet, d’ailleurs, du succès de Donald Trump auprès de ses sympathisants : à la politicienne calculatrice et intéressée qu’ils voient en Hillary Clinton, ils opposent ce qu’ils considèrent être l’authenticité de Donald Trump.

C’est justement la raison pour laquelle Pam, une Néo-Brunswickoise déménagée en Caroline du Nord il y a une douzaine d’années, a tenu à ce que son fils Gaylord l’accompagne à ce rallye politique : cet homme, croit-elle, est le seul qui peut arracher le pays à sa misère.

Les supporteurs de Trump croient presque aveuglément en sa victoire le mardi, 8 novembre, et ils n’osent pas envisager d’alternative. À les entendre, la défaite sera dure à avaler et les choses, qui vont déjà bien mal à leur avis, sont vouées à dégénérer encore davantage si les clés de la Maison blanche ne sont pas confiées à un homme avec de la poigne.

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