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Trump, un risque pour l’économie canadienne

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Hillary Clinton et Donald Trump

Agence France Presse

Hillary Clinton et Donald Trump

Quelles sont les principales conséquences économiques et financières de l’élection américaine pour le Canada? L’effet net des propositions de Clinton est plutôt modeste. Toutefois, les conséquences pourraient être grandes si Trump parvient à remplir ses promesses. Le protectionnisme du candidat républicain constitue notamment un risque important pour l’économie canadienne.

C’est ce que conclut une étude économique de Desjardins.

La menace protectionniste

Si la grande différence entre les propositions économiques d’Hillary Clinton et celles de Donald Trump repose d’abord sur la fiscalité (Clinton table sur des augmentations d’impôts substantielles pour les plus riches et Trump sur l’inverse), c’est une éventuelle renégociation des accords commerciaux, proposée par les républicains, qui pose problème pour le Canada, écrit l’économiste principal Francis Généreux.

«Une fermeture des frontières serait nuisible aux consommateurs, aux entreprises importatrices, aux exportateurs ainsi qu’à l’économie dans son ensemble par le biais d’une productivité plus faible. L’incertitude liée à la politique commerciale de Donald Trump pourrait aussi toucher l’économie et les marchés internationaux.»

Dans le cas de Donald Trump et, aussi, mais dans une bien moindre mesure, d’Hillary Clinton, la question des échanges commerciaux internationaux risque de provoquer bien des remous à l’extérieur des États‐Unis, note l’économiste. «Pour le Canada, un regain de vie du protectionnisme américain est un important risque et la fin de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) aurait des conséquences néfastes pour notre économie.»

Le Québec et l’Ontario principalement touchés

Vu l’importance des États‐Unis pour l’industrie canadienne, l’augmentation des tarifs américains et la fermeture partielle de certains marchés causeraient des problèmes pour la plupart des exportateurs d’ici, écrit Francis Généreux. Une récession serait envisageable advenant la résiliation de l’ALENA. «L’effet pourrait être particulièrement important pour les provinces où la fabrication joue un plus grand rôle, comme le Québec et l’Ontario.»

Le secteur des ressources serait aussi touché, mais l’élan protectionniste pourrait épargner le pétrole canadien, estime Francis Généreux. «On voit cependant déjà des conséquences pour l’industrie du bois d’œuvre. Le protectionnisme qui s’invite dans la campagne électorale américaine nuit aux efforts du Canada d’en arriver à une entente dans ce conflit.»

Mais, rassurons-nous : «l’implantation pleine et parfaite des programmes proposés par les deux candidats ne se fera pas sans heurt», écrit l’économiste. Le système législatif américain est complexe. «Des choix et des compromis devront être faits par la nouvelle administration. La majorité d’une des deux chambres du Congrès risque de ne pas être du même parti que le nouveau président.» 

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