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Surveillance des journalistes: Denis Gallant enquêtera sur le SPVM

Marie Christine Trottier | 24 Heures

Bien qu’il dit avoir encore confiance dans le directeur de la police, le maire Denis Coderre fera une enquête sur le SPVM afin de faire la lumière sur la surveillance des journalistes.

 «J’ai demandé à Me Denis Gallant, pas l’inspecteur général, mais l’expert en droit criminel [...], de prendre un mandat pro bono à part de son mandat d’inspecteur général. On va l’associer à un juge ou un ex-juge à ses côtés pour faire la même enquête administrative [que Québec] au niveau du SPVM», a déclaré le maire Denis Coderre, en point de presse dimanche, sans toutefois préciser les balises de cette enquête.

Denis Gallant, actuel patron du Bureau de l’inspecteur général (BIG) de la Ville et ex-procureur à la commission Charbonneau, sera le seul membre du BIG à être impliqué dans le processus, précise-t-on au cabinet du maire. Rappelons que samedi, «Le Journal de Montréal» révélait que Michel Forget, actuel chargé des communications du BIG et ancien haut gradé de la Sûreté du Québec, avait été mêlé à l’enquête au cours de laquelle six journalistes avaient été espionnés.

Juge et partie?

En attendant les résultats de l'enquête de Me Gallant, le maire Coderre croit que le directeur de la police de Montréal, Philippe Pichet, a encore la légitimité d’occuper son poste.

Samedi, alors que «La Presse» révélait que les journalistes Vincent Larouche et Patrick Lagacé ont été l'objet de mandat d'écoute électronique, M. Pichet a réfuté ces informations par voie de communiqué de presse en soirée.

Une réponse jugée «satisfaisante» par M. Coderre, qui a réitéré que son «rôle n’est pas de s’immiscer dans les affaires des policiers ni dans les affaires judiciaires».

«On ne sera pas juge et partie dans cette affaire-là. [...] Vous avez un directeur de police qui dit "Je ne l’ai pas fait", vous avez des journalistes qui disent "Vous l’avez fait"», a ajouté le maire de Montréal.

Inapproprié, selon Projet Montréal

Mais pour le conseiller Alex Norris, porte-parole de Projet Montréal, le directeur du SPVM doit se retirer le temps de l'enquête.

«On a vu que la version des faits de M. Pichet a évolué dans le temps», déplore-t-il. M. Norris croit aussi que Me Gallant est déjà suffisamment occupé au BIG à «scruter les contrats à la loupe».

«En acceptant un mandat pro bono [Me Gallant] met en cause son indépendance [et celle] du rôle de l’inspecteur général. C’est un dossier hautement politisé, c’est inapproprié de demander à M. Gallant de tenir ce rôle», croit-il.

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