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Patrick Lagacé espionné par le SVPM après avoir enquêté sur Coderre

Agence QMI

Même s’il nie avoir ordonné au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) la tenue d’une enquête pour savoir qui a fourni des informations au chroniqueur de «La Presse» Patrick Lagacé dans une affaire datant de 2014, le maire Denis Coderre a reconnu lundi en avoir parlé au chef du SPVM de l’époque Marc Parent.

«Le maire est victime dans cette affaire-là», a dit Denis Coderre sur les ondes du 98,5 FM en mentionnant qu’à l’époque, il était préoccupé par trois fuites concernant sa vie personnelle. Les trois incidents étaient reliés à des amendes pour excès de vitesse et pour une immatriculation impayée, ainsi que concernant ses démarches pour se faire prendre en photo avec le chanteur Corey Hart.

«J’ai demandé à M. Parent, c’est légal cette affaire-là? On est rendu à la troisième histoire. Pis moi, je me demande si je me fais suivre», a mentionné le maire Coderre.

Le chroniqueur de «La Presse» Patrick Lagacé a affirmé, lundi, que le maire de Montréal, Denis Coderre, aurait possiblement demandé au  SPVM de l’espionner lorsqu’il a tenté de savoir si M. Coderre avait bel et bien payé un constat d’infraction donné parce que son immatriculation n’était pas en règle, une situation qui serait survenue alors que Denis Coderre était député fédéral.
Même si le bureau du maire a affirmé que M. Coderre n’était pas au courant que le SVPM avait mené une enquête concernant cette fuite qui impliquerait des fonctionnaires, le maire a ensuite avoué avoir parlé de cette affaire au chef du SPVM parce qu’il se sentait visé personnellement, en tant que citoyen.

Le maire attribue ces fuites à des conflits syndicaux.

En 2014

Dans son article, M. Lagacé écrit avoir enquêté, à l’automne 2014, sur un constat d’infraction que M. Coderre avait reçu lorsqu’il était député à Ottawa. Selon des sources qui ont communiqué avec le journaliste, l’amende pour une immatriculation impayée n’aurait jamais été payée.

En décembre, M. Lagacé a envoyé un courriel à l’attaché de presse de M. Coderre pour avoir le fin mot sur cette histoire. Le chroniqueur a abandonné cette piste après avoir obtenu l’assurance d’un haut gradé du SPVM que le constat a bel et bien été payé, ce qu’a confirmé Denis Coderre lundi à la radio.

«Plusieurs mois plus tard, j’apprends qu’après mon courriel du 17 décembre à l’hôtel de ville, une enquête criminelle a été déclenchée par le SPVM pour savoir qui m’a parlé», a raconté le chroniqueur, qui estime que le bureau de M. Coderre a dû communiquer avec celui du directeur du SPVM. L’enquêteur responsable du dossier a alors ordonné à Telus de fournir les relevés téléphoniques de M. Lagacé pour savoir qui avait pu l’appeler et l’informer.

Même s’il estime que cette fuite est «une infraction grave, celle d'abus de confiance», le maire a dit dans une déclaration qu’il est «inacceptable que des méthodes aussi invasives furent utilisées auprès de journalistes. Ces méthodes semblent disproportionnées par rapport à la gravité objective de l'infraction alléguée».

Au micro du 98,5 FM lundi, le maire Coderre n’a pas condamné le SPVM pour cette surveillance de Patrick Lagacé, se contentant de dire que c’est à la direction de l’époque de s’expliquer.

Depuis une semaine, le SPVM et la Sûreté du Québec ont admis avoir obtenu le droit de suivre à la trace des journalistes, d’accéder à leurs relevés téléphoniques, voire de les mettre sous écoute.

En tout, une dizaine de journalistes auraient fait l’objet d’une surveillance par l’un ou l’autre de ces corps policiers.

Silence radio des élus

Aucun membre du Comité exécutif de la Ville de Montréal n’a souhaité commenter le fait qu’un appel du maire au directeur du SPVM serait à l’origine d’une enquête où un journaliste a été surveillé.

Lundi, le «24 Heures» a tenté de rejoindre, sans succès, les douze élus. De différentes façons, par les réseaux sociaux, dans leurs arrondissements respectifs, par leurs attachés politiques et même sur les cellulaires personnels, les appels sont restés sans réponse.
Toutes les demandes ont été transmises au cabinet du maire. Il a été indiqué qu’aucun commentaire ne serait fait et que tous les élus étaient solidaires avec la position de Denis Coderre.-Avec Marie Christine Trottier

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