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À Londres, les Américains sont estomaqués

Agence France-Presse

«C'est un désastre, personne ne s'y attendait»: à Londres, les Américains, souvent pro-Clinton, attendaient incrédules, au bout de la nuit, la nomination de Donald Trump à la Maison-Blanche.

«C'est assez similaire au Brexit, mais en pire. Nos droits vont reculer, que ce soit pour les homosexuels ou sur l'avortement», redoute cette étudiante originaire de San Francisco.

Autour d'elle, tous les regards sont tournés vers l'écran géant retransmettant la soirée électorale américaine. La pièce s'est vidée et les visages se sont crispés.

«Non, je ne veux pas parler», répond un jeune Américain interrogé plus tôt. À minuit, accoudé au comptoir, James O'Fathaigh avait des mots durs envers le candidat républicain, mais sans croire à son élection : «Donald Trump est le candidat le plus vile, répugnant et inquiétant que j'ai connu», lâchait-il.

Autour de lui, dans le pub, personne ne croit à ce moment-là à un scénario propulsant le républicain à la Maison-Blanche. Et parmi la «trentaine» d'Américains qu'il connaît à Londres, aucun n'a voté pour Donald Trump, croit-il savoir.

«J'espère qu'elle va l'emporter, mais je refuse de faire des prédictions», confiait toutefois en début de soirée, comme un pressentiment, Emily Potter, au «Rileys», un autre pub diffusant la soirée électorale, près de Piccadilly Circus.

Autocollant pro-Clinton sur sa veste, elle aussi redoute une élection de Donald Trump, même s'«il ne sera pas en mesure de construire le mur avec le Mexique». «Mais il incarnera quand même notre pays».

Une élection de Donald Trump bouleversera-t-elle les États-Unis? «Je ne pense pas que ce serait forcément une catastrophe, mais ça changerait beaucoup de choses», estime Alex, 24 ans, étudiant en Relations internationales au King's College de Londres, originaire de Chicago.

«Je ne veux pas que l'on voie mon pays comme faisant un énorme pas en arrière. Je ne veux pas cette image haineuse de mon pays. Je ne veux pas qu'il incarne les États-Unis».

À Paris, comme à chaque élection, une petite foule d'Américains s'était pressée au Harry's New York Bar, institution depuis 1911. Le bar a lancé mercredi son traditionnel «vote blanc» pour la présidentielle, et Hillary Clinton en est sortie largement vainqueure.

Ce «straw poll» (littéralement vote de paille) remonte à 1924, et jusqu'ici, le Harry's avait presque toujours «élu» le vainqueur de l'élection américaine, sauf en 1976 quand le démocrate Jimmy Carter l'avait emporté, et en 2004 lorsque le républicain George W. Bush avait été réélu.

«Je vois Trump comme le cancer et Clinton comme la gonorrhée. Mais vous pouvez survivre à la gonorrhée», lâche Robert Woodruff Smith, 50 ans, habitué du Harry's Bar depuis 1989.

Dans la salle, un Français, recouvert d'un drapeau américain, s'amuse du choix soumis aux électeurs américains. Deux candidats ne sont pas assez, juge Frédéric Robert, agent immobilier : «C'est mieux ici... La France a cette capacité à produire un buffet entier (de candidats, NDLR). Le problème avec les États-Unis, c'est qu'on dirait un glacier nord-coréen: vous n'avez qu'un parfum».

 

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