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La fin de la lune de miel à la Maison-Blanche pour Trudeau?

Dominique La Haye | Journal de Québec

 - Agence QMI

Après avoir connu une lune de miel avec Barack Obama, le premier ministre Justin Trudeau devra vraisemblablement s’ajuster au nouveau locataire de la Maison-Blanche dont les propositions-chocs ont marqué la campagne présidentielle.

Le premier ministre Trudeau n’avait toujours pas réagi lors de cette soirée électorale. S’il s’est abstenu de critiquer ouvertement le milliardaire durant la campagne présidentielle, il s’est souvent opposé à ses idées véhiculées en faveur du protectionnisme.

«Nous savons que l’isolationnisme, qu’ériger des murs et se replier sur soi ne créent pas des occasions et de la croissance», avait déclaré M. Trudeau, lors d’un événement en marge du sommet du G7 en Chine en septembre dernier.

M. Trudeau faisait allusion à la promesse de M. Trump de construire un immense mur aux frais des Mexicains à la frontière avec les États-Unis.

Le candidat républicain avait notamment promis de renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) en faveur des États-Unis, quitte à y mettre fin. Il s’est aussi engagé à rouvrir les usines à charbon et à se retirer de l’accord de Paris sur les changements climatiques.

La proposition de M. Trump, alors candidat à l’investiture républicaine, d'interdire aux musulmans l'entrée aux États-Unis avait aussi été vertement critiquée et qualifiée notamment de «ridicule» par la chef conservatrice par intérim, Rona Ambrose.

Le chef sortant du NPD, Thomas Mulcair, avait suggéré que le Canada refuse carrément l’entrée à M. Trump au pays, lui reprochant de propager la haine.

«Ce soir, tous ceux qui essayent de faire la leçon aux Américains devraient se garder une petite gêne. Aime ou pas, le peuple a toujours raison», a pour sa part réagi tard en soirée, le député conservateur de Richmond-Arthabaska, Alain Rayes, sur son compte Twitter.

Couillard

Plus tôt dans la journée, le premier ministre Philippe Couillard disait préférer une victoire de la candidate démocrate au républicain.

Selon M. Couillard, les Québécois sont ouverts à la diversité et ne se reconnaissent pas dans le discours polarisant de Donald Trump à l'égard notamment de la population latino-américaine.

Le premier ministre du Québec est néanmoins conscient qu'il devra vivre avec le choix des électeurs américains.

Mais la préoccupation première de Philippe Couillard, c'est le protectionnisme que les deux candidats à la Maison-Blanche ont manifesté au cours des derniers mois.

«Je pense immédiatement au dossier du bois d'oeuvre, qui est pour moi le dossier actuellement le plus préoccupant à court terme», a-t-il insisté.

Le chef péquiste Jean-François Lisée préférait lui aussi Hillary Clinton au candidat républicain. «Ce serait dangereux si Trump était président des États-Unis, on entrerait dans une ère dangereuse», avait-il déclaré. La sympathie du candidat républicain envers Vladimir Poutine préoccupe grandement le leader souverainiste.

François Legault craignait pour sa part le discours protectionniste des deux candidats. «Évidemment, je pense que c'est encore plus inquiétant si c'était M. Trump, qui a l'air radical, qui veut même abolir l'ALENA, mais j'ai des inquiétudes aussi avec Mme Clinton», avait soutenu le chef de la CAQ.

Le député solidaire Amir Khadir estimait pour sa part que l'élection du candidat républicain constituerait un «danger» pour la planète.

Avec la collaboration de Geneviève Lajoie

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