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Justin Trudeau a parlé à Donald Trump

Guillaume St-Pierre | Agence QMI

Le premier ministre Justin Trudeau a profité de son premier entretien téléphonique avec Donald Trump, mercredi soir, pour l’inviter au Canada.

Au lendemain de l’élection-surprise du milliardaire à la Maison-Blanche, M. Trudeau a fait savoir qu’il s’était entretenu en soirée avec M. Trump.

«[Ils] ont réaffirmé l’importance de la relation bilatérale entre le Canada et les États-Unis et ont discuté de divers dossiers d’intérêt commun», peut-on lire dans un communiqué du cabinet du premier ministre canadien.

Par ailleurs, M. Trudeau a profité de l’occasion pour l’inviter au Canada à la première occasion, «et ce dernier a lancé la même invitation au premier ministre», a-t-on souligné.

Prudence

Mercredi, Justin Trudeau a fait preuve d’une extrême prudence en évitant de livrer le fond de sa pensée. Fuyant les micros des journalistes, M. Trudeau a émis une courte déclaration écrite pour féliciter M. Trump. «Le Canada n’a pas d’ami, de partenaire et d’allié plus grand que les États-Unis», a-t-il dit dans un communiqué émis à l’aube.

Plus tard en matinée, Justin Trudeau a brièvement fait allusion à l’élection de M. Trump dans un discours devant des écoliers.

S’adressant à quelque 16 000 jeunes à l’occasion d’un événement à Ottawa, M. Trudeau s’est dit convaincu que son gouvernement et la future administration Trump partagent «les mêmes objectifs».

M. Trudeau a précisé que les États ont «ce désir de bâtir des pays où la classe moyenne et ceux qui travaillent fort pour en faire partie vont avoir une vraie chance de réussir».

«Nous avons besoin de gouvernements qui écoutent et qui répondent» aux «inquiétudes» et aux «espoirs» d’une partie de la population, a-t-il précisé, évoquant les électeurs qui ont tourné le dos à l’élite établie en votant Trump.

Tout au long de la campagne électorale américaine, Justin Trudeau a refusé de commenter les frasques et les positions tranchées du candidat républicain.

De son côté, le chef du NPD Thomas Mulcair ne s’est pas gêné pour faire écho à l’inquiétude ressentie par de nombreux Québécois au lendemain de l’élection de M. Trump.

«Je suis très préoccupé par ce que je vois au sud de la frontière», a-t-il indiqué lors de point de presse à Montréal.

M. Mulcair a souligné que les valeurs du leader républicain sont aux antipodes de celles d’une majorité de Canadiens, notamment concernant l’égalité des sexes et l’environnement.

«M Trump ne croit pas à la science des changements climatiques», a dit M. Mulcair, qui craint que l’Accord de Paris sur la réduction des gaz à effet de serre ne soit compromis.

À l’instar de Justin Trudeau, la chef par intérim du Parti conservateur, Rona Ambrose, a préféré mettre l’accent sur les liens qui unissent les deux pays.

«Les États-Unis sont, et vont demeurer, l’allié et ami le plus proche du Canada. Nos relations uniques ont passé le cap des près de 150 ans», a-t-elle commenté.

Si elle admet qu'il existe des «irritants commerciaux» entre les deux pays, comme le bois d’œuvre et la nécessité de maintenir les accords de libre-échange, la chef conservatrice souligne qu’il y a aussi des atomes crochus entre le nouveau président américain et le Canada.

«M. Trump a bien fait comprendre qu’il soutient le pipeline Keystone XL, tout comme le premier ministre Trudeau. Le premier ministre doit communiquer avec le président élu Trump le plus tôt possible et faire de l’approbation de ce projet créateur d’emplois une priorité absolue», a-t-elle affirmé.

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