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Un an après, un réseau en partie démantelé, un organisateur identifié

Nathalie Alonso et Sophie Deviller | Agence France-Presse

Un an après les attentats de Paris qui ont fait 130 morts, le réseau derrière ces attaques revendiquées par le groupe État islamique (EI) a été en grande partie démantelé, des suspects ont été incarcérés en France et en Belgique et un organisateur identifié.

Les attentats sur des terrasses parisiennes, la salle de concert du Bataclan et le Stade de France, en banlieue parisienne, ont été perpétrés par neuf hommes répartis en trois commandos partis de Belgique, auxquels il faut ajouter Salah Abdeslam, dont le rôle au soir du 13 novembre reste énigmatique.

Le commando dit des «terrasses» (39 morts) comprenait trois hommes. Deux d'entre eux, dont le Belge Abdelhamid Abaaoud, 28 ans, une figure jihadiste francophone en Syrie considéré comme le coordinateur de l'opération, ont été tués par la police cinq jours plus tard en banlieue parisienne. Le troisième, le Français Brahim Abdeslam, frère de Salah, s'est fait exploser seul dans un restaurant.

Le commando du «Stade de France» (un mort) comprenait un Français résidant en Belgique et deux Irakiens, venus de Syrie dans le flux de réfugiés, tous morts en kamikazes près du stade, où se jouait un match de foot.

Le commando du Bataclan (90 morts): trois Français rentrés de Syrie sont morts pendant l'assaut des policiers après deux heures de prise d'otages sanglante en plein Paris.

Impliqués à des degrés divers, ils pourraient se retrouver sur le banc des accusés d'un futur procès.

Salah Abdeslam, Français de 27 ans, a été arrêté à Bruxelles en mars. Il est accusé d'avoir participé, avec son frère Brahim, à la préparation des attaques. Il a convoyé les kamikazes au Stade de France et affirmé avoir renoncé au dernier moment à s'y faire exploser. Incarcéré en France, il refuse de parler.

Les deux hommes qui ont exfiltré Abdeslam de France vers la Belgique sont également inculpés, ainsi qu'un troisième qui l'a aidé dans sa cavale.

Un Algérien et un Pakistanais, soupçonnés d'avoir été missionnés pour participer aux attentats, ont été remis par l'Autriche à la France l'été dernier. Arrivés en Grèce début octobre 2015 avec les deux kamikazes irakiens du Stade de France, ils avaient été repérés avant d'atteindre la France.

Deux autres hommes interpellés sont soupçonnés d'avoir fourni la planque des tueurs des terrasses.

Les attentats de Bruxelles du 22 mars (32 morts) ont marqué un tournant dans l'enquête menée en France, en révélant le vaste organigramme d'une cellule aux multiples ramifications.

Deux frères, les Belges Ibrahim et Khalid El Bakraoui, morts en kamikazes lors de la double attaque de Bruxelles, avaient participé aux préparatifs des raids de Paris.

L'artificier présumé du réseau, le Belge Najim Laachraoui, également mort, est soupçonné d'avoir coordonné les attaques parisiennes avec un quatrième homme, tué par la police.

Au total, 19 personnes soupçonnées d'avoir été mêlées à des degrés divers aux tueries de Paris ont été inculpées depuis un an en Belgique, véritable plaque tournante du jihadisme.

Quatre autres suspects sont incarcérés en Italie, au Maroc, en Algérie et en Turquie.

Les investigations récentes conduisent en Hongrie, sur la route des Balkans empruntée par des jihadistes de retour de la zone irako-syrienne.

Dans la foulée du double attentat de Belgique, un ordinateur découvert près d'une cache à Bruxelles a permis de trouver un fichier nommé «13 novembre» évoquant les plans des tueries de Paris. Deux sous-dossiers, «groupe métro», sans autre précision, et «groupe Schiphol» du nom de l'aéroport d'Amsterdam, laissent des questions en suspens.

«Rien ne permet à ce stade d'étayer l'hypothèse d'attaques coordonnées en Europe», relève une source proche de l'enquête.

Le Belgo-Marocain Oussama Atar, 32 ans, parti rejoindre l'EI en terre de jihad, aurait joué un rôle de premier plan sous le nom de guerre d'Abou Ahmad.

«Il est le seul coordinateur depuis la Syrie à avoir été identifié en l'état des investigations», selon une source proche de l'enquête en France. Il est soupçonné d'avoir missionné deux des assaillants de Paris et le commando arrêté en Autriche.

Les voix des frères Fabien et Jean-Michel Clain, piliers de la mouvance jihadiste française, ont été identifiées dans le message de revendication de l'EI, mais ils ne seraient pas les donneurs d'ordre.

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