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Des antidouleurs trop forts, trop prescrits?

TVA Nouvelles

Les médicaments contre la douleur tels que le Fentanyl se trouvent en masse sur le marché noir, et plusieurs décès liés à la consommation de ces drogues sont enregistrés au Canada chaque année, incluant le Québec.

Les médecins prescrivent-ils trop d’opioïdes, au point où ces médicaments extrêmement puissants se retrouvent trop facilement sur le marché noir?

Selon le pharmacien Benoit Morin, la question n’est pas simple. «La vraie question est :’’est-ce que le monde médical fabrique des toxicomanes’’. Et je répondrais, pas tant que ça. Dans les 20 dernières années ce qu’on fait de mieux, c’est de soulager la douleur, car c’est un enjeu majeur», a-t-il expliqué en entrevue à l’émission Mario Dumont.  M. Morin reconnait toutefois que certains médecins en prescrivent trop librement.

Toujours selon le pharmacien, plusieurs opioïdes  existent depuis toujours, mais leur puissance a décuplé.  «L’héroïne est un opioïde, mais on a fait des formules beaucoup plus puissantes comme le Fentanyl, qui se retrouve sur le marché noir», précise le pharmacien.

M. Morin ajoute que certains patients, soulagés par des prescriptions d’opiacés, deviennent parfois toxicomanes.

La solution résiderait-elle à un meilleur contrôle de ces médicaments?

 Si certains souhaitent mieux contrôler les prescriptions faites par les médecins, le pharmacien croit que ce ne serait pas une solution miracle. «Il y a des effets pervers à vouloir contrôler les prescriptions. Un patient qui n’est pas soulagé risque de se tourner vers le marché noir pour se soulager, et là se mettre à risque», précise M. Morin.

Selon lui, il faut plutôt prévenir et traiter la toxicomanie, et non pas restreindre absolument l’accès aux drogues.  «Le toxicomane va se trouver les médicaments qui sont le plus facilement disponibles».  

Certaines drogues légales sont si puissantes qu’une seule dose additionnelle peut tuer une personne. «On a eu le cas d’un jeune qui s’est mis deux timbres de Fentanyl dans le front, c’était trop fort pour lui et il est mort».

Le pharmacien se demande si la puissance des médicaments devrait être réduite, quitte à devoir prendre plus de comprimés.

«Il ne faut pas oublier que certaines personnes ont besoin de prendre de plus grosses doses, parce qu’ils en prennent depuis plusieurs années, ils ont des cancers et des maladies chroniques, et ils ont besoin de cela pour fonctionner», conclut le pharmacien.