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Un grand poète n'est plus

Agence QMI 

Chanteur d’une génération et l'un des plus fiers ambassadeurs de Montréal, l’auteur-compositeur-interprète et poète Leonard Cohen est mort à l’âge de 82 ans, quelques semaines après avoir publié un album testament.

«C’est avec une profonde tristesse que nous annonçons que le poète légendaire, auteur-compositeur et artiste, Leonard Cohen, est décédé», a fait savoir son entourage jeudi sur sa page Facebook.

«Nous avons perdu l'un des visionnaires les plus vénérés et les plus prolifiques de la musique», peut-on lire également dans la déclaration de la famille qui demande le respect de sa vie privée au cours de cette période de deuil. Un hommage lui sera bientôt rendu à Los Angeles.

Fier Montréalais

Né le 21 novembre 1934, à Montréal, Leonard Cohen a grandi à Westmount puis a étudié à l’Université McGill. À 17 ans, il forme d’ailleurs un trio de musique country-western appelé les Buckskin Boys.

Mais c’est d’abord comme poète – grâce à l’œuvre de l’Espagnol Federico Garcia Lorca - qu’il se fait connaître avec son premier recueil de poèmes «Let Us Compare Mythologies», sorti en 1956. Le second « Spice Box of Earth», publié en 1961, lui vaut une reconnaissance internationale. En 1964, alors installé en Grèce, le Juif d'origine (son père exploitait un magasin de vêtements) publie «Flowers for Hitler».

C’est au début de la trentaine qu’il choisit la chanson, ce métier qui le fera voyager partout dans le monde.

Montréal restera toutefois toujours dans son cœur. En 2012, en entrevue avec l’Agence QMI, à la question quelle ville considérait-il être la maison, il a répondu: «J'ai deux maisons, Montréal et puis Los Angeles».

Une grande influence

Sa carrière de chanteur s'est emballé dès le départ, avec la sortie, en 1967, de son premier album, «Songs of Leonard Cohen», avec plusieurs coups de coeur, dont «Suzanne», reprise pour le public américain par Judy Collins. Cette chanson fait référence à Suzanne Verdal, l'ancienne épouse d'un ami personnel, le sculpteur québécois Armand Vaillancourt.

Installé aux États-Unis, il commence une longue carrière dans l’industrie qui va l’amener à côtoyer et à influencer une pléthore d’artistes, de Neil Diamond à Diana Ross, en passant par Nick Cave, Johnny Cash, Joe Cocker, Joan Baez, Rita Coolidge et tant d’autres.

Dans ses titres les plus connus de son répertoire, citons «Suzanne», «So Long Marianne» et «Hallelujah», notamment.

Véritable icône, il a vécu avec Suzanne Elrod, avec qui il a deux enfants, Adam Cohen et Lorca Cohen. Son fils Adam s’est d’ailleurs fait un prénom dans l’industrie.

Disque d’adieu

L’artiste natif de Montréal venait de publier son 14e et dernier album, «You Want It Darker», produit par nul autre que son fils Adam. En entrevue le mois dernier au «New Yorker», il avait d’ailleurs confié être «prêt à mourir». «J’espère que ce n’est pas trop inconfortable», avait-il mentionné.

Artiste très influent de sa génération, il est récipiendaire de plusieurs distinctions (Grammy et Juno) au cours de sa longue carrière, dont le titre de Compagnon de l’Ordre du Canada (2003). Il a aussi été intronisé au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens en 2006 et au Temple de la renommée du rock'n'roll, en mars 2008.

Cohen a aussi reçu le Montreal Jazz Festival Spirit Award, qui souligne la qualité et l'innovation de l'œuvre ainsi que l'influence déterminante d'un auteur-compositeur-interprète sur l'ensemble de la musique populaire internationale.

En 1969, Cohen est récipiendaire du prix du Gouverneur général du Canada pour la poésie. Il le refuse toutefois, déclarant que «la poésie elle-même l’interdit absolument».

Le maire de Montréal Denis Coderre a fait savoir sur Twitter qu'il avait demandé à mettre les drapeaux de la mairie en berne pour rendre hommage à «l’un de nos plus grands Montréalais».

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