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Trudeau prêt à renégocier avec Trump le traité de libre-échange nord-américain

Dominique La Haye

 - Agence QMI

Justin Trudeau se dit «ouvert» à l’idée de donner suite à la promesse électorale de Donald Trump de renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

Le premier ministre a indiqué s’être brièvement entretenu, mercredi soir, avec le président républicain nouvellement élu pour le féliciter de sa victoire.

Il a dit que M. Trump a tenu des propos chaleureux envers le Canada et ses citoyens. «Et ensuite on a parlé du fait que nos deux pays sont extrêmement liés de façon économique, de façon culturelle, (par les) liens entre des personnes et que nous allions travailler de façon constructive pour faire avancer les intérêts de nos citoyens», précisé le premier ministre canadien.

M. Trudeau n’a pas fermé la porte à l’idée de renégocier l’ALÉNA, fortement critiqué par M. Trump, ou de discuter d’autres accords avec son administration.

«Si les Américains veulent parler de NAFTA (ALÉNA) ou d’autres arrangements commerciaux, on est toujours ouverts à avoir des discussions pour regarder comment on peut améliorer les bénéfices pour les travailleurs, pour les citoyens, pour la croissance économique», a-t-il fait valoir.

Le premier ministre a aussi maintenu sa décision d’imposer une taxe sur le carbone à compter de 2018, même si le nouveau locataire de la Maison-Blanche a promis de rouvrir des usines à charbon et n’entend pas faire de la lutte aux changements climatiques sa priorité.

«La réalité, c’est que nous avons pris la décision d’agir en mettant la tarification sur la pollution du carbone, parce que nous savons que c’est bon pour l’économie, que c’est bon pour les emplois qui vont être créés, que c’est bon pour l’innovation», a-t-il expliqué.

La chef par intérim du Parti conservateur, Rona Ambrose, a pour sa part exhorté le premier ministre à faire volte-face. Elle a soutenu qu’une telle taxe désavantagerait le Canada face aux Américains, «notre plus grand partenaire et notre plus gros concurrent».

Elle a aussi critiqué l’ouverture de M. Trudeau à renégocier l’ALÉNA, craignant que cela n’engendre des pertes d’emplois au pays. Elle a aussi reproché au premier ministre de ne pas avoir discuté avec M. Trump du projet de pipeline Keystone, rejeté sous l’administration

Obama et en faveur duquel le nouveau président a pris position.

Mme Ambrose a aussi indiqué que l’élection de M. Trump était un «message pour M. Trudeau», dans la mesure où, selon elle, il s’agit d’un rejet par le peuple américain des politiques de centre gauche de l’administration Obama dont son gouvernement s’inspire.