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Leitao veut rouvrir l’ALENA pour intégrer le bois d’œuvre

Advenant que l’ALENA soit rouvert par l’administration Trump, le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitao, souhaite l’intégration totale du bois d’œuvre.

«Certains secteurs ne faisaient pas partie de l’accord, pour une raison ou une autre, comme le bois d’œuvre. Si on veut renégocier, alors assurons-nous que cette fois, le bois d’œuvre fasse partie de l’ALENA», a dit Carlos Leitao, qui s’est prononcé, lundi, en marge du congrès annuel de l’Autorité des marchés financiers (AMF), sur l’élection de Donald Trump à la tête des États-Unis.

«Nous sommes ouverts à revoir certains aspects de l’accord, a poursuivi le ministre des Finances. Mais pour mieux intégrer, pas mettre davantage de barrières, ce qui est contre-productif.»

Carlos Leitao souligne que Donald Trump hérite d’une économie en bon état, dont la croissance devrait s’accélérer en 2017.

«Il y a une ambiance un peu négative quant au commerce international, a poursuivi le ministre. On verra où ça nous mène. Mais le président américain ne peut pas unilatéralement tout changer, ça prend la collaboration du Congrès. Celui-ci est majoritairement républicain, et traditionnellement, les républicains sont pro-libre-échange. J’entrevois l’avenir avec optimisme.»

Le futur gouvernement américain va tôt ou tard réaliser à quel point le secteur manufacturier nord-américain est profondément intégré. «On ne peut pas sortir les œufs d’une omelette», a-t-il dit.

Un secteur financier fort

La ministre Leitao a par ailleurs réitéré l’opposition de Québec à toute initiative du gouvernement fédéral d’unifier les autorités de valeurs mobilières au pays.

La Cour d’appel du Québec se penchait la semaine dernière sur la demande du Québec de statuer sur la légalité du projet fédéral de mettre sur pied ce régime. Une décision devrait être connue dans les prochains mois.

«Je suis confiant que la Cour prenne la bonne décision, a dit Carlos Leitao. Ce projet n’a pas d’autres objectifs que celui du fédéral de s’immiscer dans un champ de compétences qui relève uniquement des provinces. Il y a une assise juridique solide. C’est important pour le Québec de pouvoir compter sur un régulateur qualifié. Québec a besoin d’un secteur financier fort.»

Le débat pourrait se transporter devant la Cour suprême, estime Louis Morisset, président-directeur général de l’AMF.

«Je crois toujours fermement que cet entêtement du gouvernement fédéral à vouloir centraliser à Toronto l’encadrement du secteur des valeurs mobilières au Canada est très loin des enjeux et des besoins réels», dit-il.

Encadrer la vente d’assurances sur internet

Par ailleurs, Québec entend déposer d’ici la fin de la session parlementaire, le 9 décembre, son projet de loi sur les services financiers. «Nous maintenons notre engagement, a dit le ministre Leitao. Ça aurait dû se faire il y a plusieurs années. On veut notamment encadrer, dans un projet de loi, la vente d’assurances sur internet. Les pratiques évoluent.»

La robustesse du secteur financier est tributaire d’une bonne réglementation et d’une réglementation efficace.

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