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Les nominations de Trump soulèvent des inquiétudes

TVA Nouvelles

La nomination par Donald Trump d’un homme à la réputation controversée à un poste-clé doit-elle nous inspirer les pires craintes?

«Stephen Bannon a vu la lumière et a adopté toutes les thèses de la droite. On l’accuse d’être un antisémite: sa femme a écrit dans leurs procédures de divorce que l’une des choses qu’elle lui reprochait était d’avoir empêché un de leurs enfants d’aller dans une école privée parce qu’il y avait trop de juifs. Bref, c’est un gars très controversé qui donne des sueurs dans le dos à bien des membres des partis républicain et démocrate», explique Luc Lavoie, à l'émission «La Joute».

Donald Trump a donné une indication quant à la direction qu’il entend donner à sa nouvelle administration en procédant, cette fin de semaine, à deux importantes nominations.

D’abord, il a nommé le secrétaire de la Maison-Blanche, c’est-à-dire son chef de cabinet, Reince Priebus, puis il a fait de Stephen Bannon son haut conseiller et chef de la stratégie. C’est cette dernière nomination qui a créé le plus de remous en raison de la réputation que traîne le politicien d’expérience.

M. Bannon était à la tête du site controversé Breitbart jusqu'à son recrutement en août par Donald Trump en tant que directeur général de sa campagne. Faut-il redouter son influence sur le 45e président des États-Unis?

«Bannon, c’est un ancien militaire membre de la Navy américaine qui a combattu dans la première guerre du Golfe, dans les années 1990. C’est un ancien banquier de Goldman Sachs, diplômé de Harvard, donc, on ne parle pas ici d’un idiot ni d’un ignorant», souligne Luc Lavoie.

Certains observateurs ont qualifié l’influent personnage de suprémaciste blanc.

L’autre analyste à l’émission «La Joute», Bernard Drainville, apporte toutefois une nuance: «Je ne dirais pas que c’est de l’extrême droite, mais plutôt de la droite extrême. Il a affiché ouvertement ses sympathies pour le Front national, en France. Et c’est ce gars qui va occuper le bureau juste à côté du Bureau ovale, à une porte du président. Il ouvre la porte et dit "Bonjour Donald"», renchérit M. Drainville.

«David Gergen, qui a conseillé des présidents autant démocrates que républicains, a dit que Trump a l’habitude de s’entourer de gens qui vont s’opposer les uns aux autres et de mettre dans son entourage poids contre poids. C’est peut-être une façon de s’exposer à différents points de vue et ensuite, comme président, de se ranger. Mais ça peut aussi être une façon de créer un environnement assez dysfonctionnel, merci», commente-t-il.

Rappelons qu’aujourd’hui, le président sortant Barack Obama a fait part de ses préoccupations lors d’une conférence de presse au sujet des premières décisions prises par son successeur.

«Obama a tenu cette conférence de presse pour réaffirmer, dans sa réponse concernant Bannon, que quand la démocratie a parlé, la moindre des choses qu’il faut faire, c’est de la respecter», conclut Luc Lavoie.

Voyez dans la vidéo ci-dessus un extrait de l’émission «La Joute».

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