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Près de la moitié des Québécois ne déclarent pas leur chien à leur assureur

Martine Turenne | ARGENT

archives, WENN

Quarante-trois pour cent des Québécois propriétaires de chien ne déclarent pas son existence à leur assureur.

Or, 15% d’entre eux ont transmis une réclamation à la suite d’un sinistre causé par leur chien, une proportion qui atteint 38 % chez les propriétaires de chiens d’attaque ou de garde. La plupart de ces «sinistres» sont, dans les faits, de vilaines morsures. Et si le chien n’était pas «connu» de l’assureur, ce dernier n’a pas l’obligation de dédommager.

Ces données proviennent d’un sondage de la firme Léger mené pour la Chambre de l’assurance de dommages (ChAD) en octobre (donc en plein débat sur les pitbulls) auprès d’un millier de Québécois qui s’apprêtaient à renouveler leur assurance habitation.

Le quart des répondants possèdent un chien, ce qui corrobore avec les plus récentes données de l’Association des médecins vétérinaires du Québec.

Mon chien est gentil

Les Québécois ont l’obligation générale, dans le Code civil, de déclarer tout ce qui peut avoir «une incidence à assurer». Les chiens font partie de ces incidences, tout comme les pythons et autres reptiles dangereux, par exemple, mais pas les chats, dit Jannick Desforges, avocate et directrice des affaires institutionnelles et de la conformité à la ChAd.

«Mais beaucoup de gens l’ignorent», dit-elle.

Ainsi, parmi les propriétaires de chiens qui ne font pas mention de leur animal à leur assureur, un quart d’entre eux ignorait qu’il fallait le faire. Par ailleurs, 9 % des répondants ne parlent pas à leur assureur de leur chien parce qu’ils ne le considèrent pas dangereux.

Et un faible pourcentage de gens (5 %) omettent de le faire parce qu’ils craignent de ne pouvoir être assurés. Cette proportion est plus élevée pour les propriétaires de chiens d’attaque ou de garde, soit 9 %.

Ils n’ont pas tort, dit Jannick Desforges. Certains assureurs peuvent refuser d’inclure un type de chien dans un contrat d’assurance. «Ce sont eux qui décident. Certains  excluent complètement certaines races de chiens, considérées dangereuses.»

Par ailleurs, des assureurs excluront la responsabilité civile (comme les morsures), mais couvriront le propriétaire pour le vol de leur chien. «Les assurances sont des produits complexes, poursuit Mme Desforges, et l’important est que le courtier explique le contrat en détail, pour ne pas qu’il y ait des surprises. »

Si votre courtier inclut les chiens considérés comme dangereux, il faut parfois compter quelques centaines de dollars par année de plus pour sa prime. «Car ils sont tenus responsables d’un pourcentage plus élevé d’incidents», dit Jannick Desforges.

Cela dit, vaut mieux payer ce montant que ne rien avoir du tout, poursuit-elle. «Si l’assureur ne le sait pas, rien ne l’oblige à vous dédommager en cas d’incidents.»

Pas dissuasif, un chien de garde?

Contrairement à un système d’alarme, qui fait baisser quelque peu les primes d’assurance, les chiens de garde n’ont pas cet effet, même s’ils peuvent, dans les faits, éloigner quelques voleurs potentiels. Il semble que leur propension à mordre des innocents l’emporte sur leur rôle de gardien.

«Par ailleurs, ce qui coûte le plus cher aux compagnies d’assurances ces dernières années, dit Jannick Desforges, ce ne sont pas les vols, mais les dégâts d’eau. Et pour les prévenir, le chien de garde est inutile!»