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L'élection de Trump ne «changera pas» les relations Canada-Cuba

AFP et Agence QMI

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a assuré mercredi à La Havane que l'élection de Donald Trump aux États-Unis, partenaire privilégié du Canada, «ne changerait pas» les relations étroites entretenues de longue date entre son pays et Cuba.

«Le Canada a toujours été (...) l'ami de Cuba et nous n'avons jamais vu aucune contradiction pour nous entre le fait d'être de solides amis de Cuba et d'être un bon ami et partenaire des États-Unis», a déclaré Justin Trudeau au second jour d'une visite officielle dans la capitale cubaine.

«Pour moi, les résultats des élections aux États-Unis ne changeront pas les solides relations» qui unissent le Canada et Cuba. «Nous faisons nos propres choix», a-t-il insisté au cours d'échanges avec des étudiants cubains à l'Université de La Havane.

Cuba est engagée dans un dégel historique avec les États-Unis depuis fin 2014, mais Donald Trump a affiché des réserves sur ce rapprochement, affirmant qu'il ferait «tout pour obtenir un accord solide» avec La Havane, laissant ainsi présager d'un retour en arrière.

Le magnat de l'immobilier, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, a également déclaré qu'il était pour l'instant opposé à la suppression de l'embargo financier et commercial imposé à l'île depuis 1962. Sa levée dépend du Congrès, qui reste sous le contrôle des républicains.

Interrogé sur la question de l'embargo, M. Trudeau a souligné que son pays était «en désaccord avec l'approche des États-Unis».

«Nous pensons que notre approche est meilleure», en privilégiant «le partenariat, la collaboration et l'engagement», a-t-il assuré, tout en admettant que ce n'était pas le rôle de son pays de «dire à nos amis et alliés ce qu'ils devraient faire ou pas».

Premier dirigeant canadien à visiter Cuba depuis 18 ans, Justin Trudeau s'est entretenu mardi avec le président Raul Castro, de 41 ans son aîné, et doit quitter l'île mercredi soir pour l'Argentine puis le Pérou, où il assistera au sommet de l'Apec (Organisation de coopération économique Asie-Pacifique).

Droits humains

M. Trudeau a de plus abordé du bout des lèvres la question des droits de l’homme lors de son discours devant les étudiants cubains.

«Les relations solides comme celles entre le Canada et Cuba nous rappellent aussi que les amis se parlent ouvertement et honnêtement entre eux», a-t-il indiqué.

«Je suis reconnaissant que le président Castro et moi ayons développé ce type de relation où nous pouvons franchement discuter d’enjeux, que ce soit à propos de la gouvernance, des droits de la personne, des changements climatiques ou de l’égalité entre les hommes et les femmes», a poursuivi le premier ministre.

En comparaison, lors de son voyage historique en mars dernier à Cuba, le président Barack Obama n’avait pour sa part pas hésité à parler de «sérieuses divergences, notamment sur la démocratie et les droits de l'homme».

Justin Trudeau est cependant reparti de cette visite éclair d’à peine deux jours, déçu de n’avoir pu s’entretenir avec l’ex-président Fidel Castro, 90 ans, qui la veille avait pourtant eu un tête-à-tête avec le président du Vietnam.

«Évidemment, pour moi, ça aurait été bien de m’asseoir avec l’ex-président Fidel Castro. J’avais eu une très bonne rencontre avec lui, lors des funérailles de mon père et ça aurait été bien de pouvoir se reprendre maintenant que j’ai le (même) rôle que mon père», a-t-il indiqué en point de presse.

Le premier ministre a toutefois souligné l’accueil chaleureux des Cubains et a pu rencontrer trois des fils de Fidel Castro.