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Mariana Mazza aussi brillante que vulgaire

Sandra Godin | Agence QMI

JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

Mariana Mazza est débarquée sur les planches de la salle Albert-Rousseau, mardi à Québec, en sautant et en criant, habitée d’un dynamisme inébranlable. C’est une foule gonflée à bloc qui l’attendait, en contraste avec les publics qui se font habituellement polis les soirs de première.

Un accueil pas vraiment surprenant, puisque la tornade de 26 ans a déjà vendu 60 000 billets avant même les premières médiatiques de «Femme ta gueule».

Pendant une véritable performance d’une heure trente donnée à un rythme effréné, Mariana Mazza prouve qu’on peut être aussi brillant que vulgaire. Derrière les grivoiseries - parfois gratuites - se cache un message féministe qu’il est essentiel de déchiffrer, et une désopilante analyse des genres sans tabou, sans complexe.

Celle qui se décrit comme une «bitch ceinture noire» égratigne les oreilles. Les sacres sont partie intégrante de ses gags. Elle a même laissé aller un rot en plein numéro et que dire du mot vagin, impossible de calculer combien de fois elle a prononcé ce mot au cours de la soirée. Mais pour un public averti, quel spectacle bien ficelé. Mariana Mazza s’avère une excellente raconteuse, une volubile assumée, et sa livraison est sans faille.

Mitrailles de gags

Dans ce spectacle, l’humoriste saute du coq à l’âne. Elle ridiculise sa voix grave, dénonce qu’on associe le courage à des couilles («pourtant, c’est la partie la moins courageuse du corps»), raconte son expérience avec les «Diva Cup» et s’insurge contre ceux qui lui disent de retourner dans son pays. Et elle rit de sa famille avec beaucoup d’autodérision, racontant sa vie avec sa mère, un «humain qui dit tout haut ce que personne ne pense».

Elle avoue avoir plus de testostérone qu’Éric Lapointe. Elle se compare à «un Bon Jovi qu’on a «crissé» dans sécheuse avec une poignée de clous». Mazza ponctue son spectacle des meilleurs messages Facebook qu’elle a reçus par des hommes, la plupart du temps désolants.

Sa vie sexuelle

Mariana Mazza étale sa vie sexuelle sans gêne. «Malgré mon célibat, je fourre constamment», dit-elle. C’est en fin de parcours qu’elle se permet le numéro le plus cru, sur ses expériences de fellation et de masturbation.

Après quoi, elle a improvisé avec une jeune spectatrice de 13 ans pour faire comprendre à sa mère, de façon hilarante, que le spectacle ne s’adresse pas vraiment aux 16 ans et moins, soulignant son courage.

On aime Mariana Mazza ou on n’aime pas. Mais à entendre les rires dans la salle, elle atteint son public cible en plein dans le mille. On espère la voir sur scène encore longtemps.

Mariana Mazza répète l’expérience mercredi soir et jeudi à la salle Albert-Rousseau.