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La hausse des taux d’intérêt, pire qu’un tremblement de terre?

Martine Turenne | Argent

Une hausse rapide des taux d'intérêt serait beaucoup plus dévastateur pour le marché immobilier que le pétrole à 20 $ US le baril ou encore, qu’un grave tremblement de terre.

C’est ce qu’estime la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL).

La Banque Royale et la Banque TD ont toutes deux augmenté leurs taux d’intérêts hypothécaires fixes cette semaine.

La hausse soudaine des coûts d'emprunt pourrait entraîner une baisse de 30% des prix des maisons, et même la faillite d'une institution financière canadienne, prédit la SCHL, qui a élaboré plusieurs scénarios catastrophes.

Séisme, choc pétrolier, dépression américaine...

Dans le cas d'un séisme de grande magnitude, la SCHL estime que les prix des maisons baisseraient de 0,6% et que le taux de chômage atteindrait 8,4%. De son côté, un choc pétrolier entraînerait une chute de 7,8% des prix des maisons, et un taux de chômage à 8,8%.

Les autres situations testées incluaient une «récession économique prolongée» causée par la déflation globale, et une correction immobilière aux États-Unis. Dans ce cas, la SCHL prévoit un taux de chômage de 12% (contre 5% en ce moment). Les prix des maisons baisseraient de 30%, et la Société prévoit alors une perte de 2,1 milliards$ US.

«Ce sont des scénarios extrêmes qui ont très peu de chance de se produire», dit Romy Bowers, responsable des risques de la SCHL, dans un communiqué.

Les taux d'intérêt, très faibles au pays depuis plusieurs années, ont stimulé le marché immobilier au Canada, jusqu’à la surchauffe à Toronto et surtout, Vancouver.

Pour Mathieu D’Anjou, économiste au Mouvement Desjardins, ces scénarios catastrophes sont justement... catastrophiques. Mais peu réalistes. Il estime que la hausse des taux hypothécaires devrait demeurer modeste, même si elle l’a pris quelque peu par surprise. «Les taux montent plus vite qu’on aurait pensé avant l’élection de Donald Trump. On a revu à la hausse nos prévisions de taux d’intérêt. On pensait être au niveau actuel dans un an seulement. »

Cela dit, la remontée restera graduelle, dit-il, et devrait tourner autour d’un demi pour cent d’ici un an, à l’instar de l’augmentation des taux obligataires. «On ne parle pas d’explosion.»

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