/regional/saguenay

Les éducatrices du Saguenay sont inquiètes

Valerie Fortin | TVA Nouvelles

Il semble que la situation n'a jamais été aussi catastrophique dans les centres de la petite enfance (CPE) de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Les éducatrices sont inquiètent plus que jamais. Elles s'alarment de la qualité des services offerts aux enfants, en raison des coupes du gouvernement Couillard qui, selon elle, n'affecteraient non plus seulement leurs conditions de travail, mais se feraient maintenant sentir directement sur les enfants.

Elles ont profité de la tournée de consultation de la Commission sur l'éducation à la petite enfance pour lancer un autre cri du cœur.

Dans la plupart des CPE, les heures de travail des éducatrices et des cuisinières auraient été réduites, les budgets alloués aux jouets auraient été coupés de moitié et les repas des enfants seraient désormais limités.

«Est-ce que c'est normal que les 0-5 ans, dans les centres de la petite enfance, soient rationnés au niveau de l'alimentation? Est-ce que c'est normal que maintenant on mange de plus en plus de nourriture en conserve? [...] On est en train de couper dans les groupes alimentaires chez les enfants de 0-5 ans alors qu'avant nos menus étaient prévus pour que chaque enfant qui venait au CPE reçoive l'ensemble des groupes alimentaires», a affirmé Nathalie Duperré, présidente du syndicat des travailleuses de CPE, FSSS-CSN.

Par ailleurs, selon le syndicat, le ratio enfant/éducatrice ne serait pas respecté dans certains CPE de la région, pendant les pauses du personnel. Et on constate aussi que les coupures auraient des impacts sur la stabilité des enfants.

«Est-ce que c'est normal qu'un enfant qui vient au CPE le matin nous demande comme éducatrice : est-ce que je vais passer la journée avec toi ? Moi, c'est du jamais-vu, a expliqué Mme Duperré. Je travaille depuis 1997 dans un CPE et jamais j'avais entendu un enfant me demander cela. Parce qu'avec les coupures imposées par le gouvernement Couillard, nos employeurs n'ont pas le choix d'appliquer le ratio. Donc quand il y a une diminution et qu'il y a moins d'enfants, on distribue les enfants à d'autres éducatrices. Et c'est comme ça tout au long de la journée, plusieurs fois par jour.»

Vers le privé

Les syndicats remarquent également que l'entrée en vigueur de la nouvelle tarification, en avril 2015, a des conséquences majeures sur les milieux familiaux subventionnés, puisque les parents se tournent de plus en plus vers le privé, c'est-à-dire les garderies non accréditées.

Résultat: 21 garderies en milieu familial accréditées ont fermé leurs portes à La Baie et dans le haut du Lac-Saint-Jean, au cours des derniers mois parce qu'elles n'arrivaient pas à combler leurs places.

30 millions $

Le gouvernement du Québec a annoncé lundi un investissement de 30 millions $ dans le réseau au Québec. «Nettement insuffisant», disent les syndicats, si l'on considère que le réseau s'est vu imposer des coupures de 440 millions $ au cours des 10 dernières années.