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Partager ses grues, son stationnement, sa secrétaire...

Courtoisie

Pourquoi tout acheter quand on peut tout simplement louer pour quelques heures? Et à l’inverse, pourquoi ne pas maximiser l’utilisation de son matériel «dormant» ou sous-utilisé?

L’idée, en apparence simple, n’avait jamais été exploitée, du moins pas comme le jeune entrepreneur montréalais Elliot Daigneault, 25 ans, le fait avec sa startup BizBizShare, de Sainte-Anne-de-Bellevue. Il s’agit d’une plateforme de partage d’actifs dédiée aux entreprises, qui fait le lien entre celles qui ont des équipements, des services, voire des ressources humaines inutilisés, et d’autres qui en ont besoin de manière ponctuelle : excavatrices, grues, chariots élévateurs, bureaux, salles de conférence, stationnement, espaces d’entreposage, employés ou logiciels... tout est offert.

Flairer la bonne affaire

L’idée est venue au jeune homme il y a deux ans, alors qu’il travaillait comme journalier dans une entreprise, au nord de Fort McMurray, en Alberta. «Une journée, une de nos machines, une petite excavatrice, a brisé. Je voyais la même pièce dans le stationnement d’une autre entreprise, à côté de notre chantier. Elle était inutilisée et nous, on ne pouvait plus faire le travail. Je me suis dit : ça serait intéressant de la louer pour une journée. Ce genre d’échanges doit bien exister quelque part.»

De retour à Montréal, il fait quelques recherches pour s’apercevoir que non, ça n’existait pas. Elliot Daigneault, qui a l’entrepreneuriat dans le sang, y a aussitôt flairé la bonne affaire. En mars 2015, il lance BizBizShare. «Je me suis entouré de partenaires, financiers, mais aussi des gens qui avaient une formation technique, ce que je n’ai pas. Nos développeurs ont construit une plateforme sur mesure, à laquelle on ajoute sans cesse de nouvelles fonctionnalités.»

Connecter les entreprises, une par une

Une dizaine d’employés travaillent maintenant chez BizBizShare, notamment des représentants sur la route qui développent de nouveaux marchés. Tout repose sur la proximité. «Notre développement se fait à partir de communautés rapprochées. Par exemple, on propose la plateforme dans des parcs industriels, des chambres de commerce. On développe en ce moment une plateforme pour l’Ouest-de-l’Île. On connecte les entreprises une par une. »

Des discussions «poussées» ont cours avec des noyaux d’entreprises du Nord-Est américain, de l’Ouest canadien, de l’est de l’Ontario et partout au Québec.

Outre les grues et autres machineries, Elliot Daigneault veut développer le partage des ressources humaines. «Il y a des travailleurs à temps partiel qui sont mis au chômage durant la saison creuse d’une entreprise. Il y a certainement moyen de connecter les besoins avec les disponibilités de ces personnes. »

Sommet de l’innovation

Hier, Elliot Daigneault participait à la 6e édition du Sommet de Montréal sur l’innovation, qui a réuni plus de 400 participants au Palais des Congrès. Organisé par le Quartier de l’innovation, en collaboration avec Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) et l’École de technologie supérieure (ÉTS), l’événement faisait le point sur la révolution industrielle 4.0, et l’impératif, pour le Québec, d’innover et d’accélérer ses modes de production. «On doit devenir des exportateurs de classe mondiale mais pour ça, il faut devenir des innovateurs de classe mondiale », dit Éric Tétrault, président des MEQ.

Elliot Daigneault faisait parti d’un panel animé par Jean-Martin Aussant, le directeur-général du Chantier de l’économie sociale du Québec. BizBizShare s’inscrit parfaitement dans cette mouvance de l’économie de partage, «qui prend un envol fulgurant», dit son jeune président. «Les entreprises ont tellement d’actifs qui ne sont pas maximisés. On aide à stopper la surconsommation, tout en réduisant les coûts pour tout le monde. »

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