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Justin Trudeau n'assistera pas aux funérailles de Fidel Castro

Dominique La Haye | Agence QMI 

Critiqué de toutes parts pour son hommage rendu à Fidel Castro, Justin Trudeau ne se rendra pas lui-même à Cuba pour assister aux funérailles de l’ex-leader.

Le premier ministre a plutôt choisi de dépêcher le gouverneur général du Canada, David Johnston, pour assister à une commémoration en l’honneur du président qui se déroulera à la Place de la révolution mardi soir à La Havane.

Le bureau du premier ministre n’était cependant pas en mesure de dire, lundi, si un membre du gouvernement assisterait aux funérailles qui auront lieu dimanche prochain.

M. Trudeau a dû essuyer plusieurs critiques depuis le décès de l’ex-président, alors que certains lui ont reproché d’être complaisant à son endroit. Dans une déclaration émise samedi, M. Trudeau s’était montré peu sévère à l’endroit de M. Castro, se contentant de dire qu’il était une «figure controversée».

Dans un communiqué, il avait fait l’éloge du président défunt, en soulignant les liens d’amitié entre M. Castro et son père Pierre Elliott Trudeau. L’ex-président avait d’ailleurs assisté aux funérailles de M. Trudeau en 2000 à Montréal.

«Fidel Castro, leader plus grand que nature, a consacré près d'un demi-siècle au service du peuple cubain. Révolutionnaire et orateur légendaire, M. Castro a réalisé d'importants progrès dans les domaines de l'éducation et des soins de santé sur son île natale», avait soutenu M. Trudeau dans sa déclaration.

Devant la controverse suscitée par ses propos, le premier ministre avait plus tard reconnu du bout des lèvres que le leader cubain était un dictateur.

Lundi aux Communes, l’opposition conservatrice est revenue à la charge, accusant le premier ministre «d’avoir manqué de jugement», en passant sous silence la question des droits de l'homme.

«Maintenant que le premier ministre a reconnu que Fidel Castro était un dictateur, peut-il reconnaître qu'il a manqué de jugement», a lancé le député conservateur Denis Lebel.

Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a pour sa part défendu le premier ministre, absent aux Communes lundi, alors qu’il revenait du Sommet de la Francophonie à Madagascar.

«Sauf erreur, la grande majorité des dirigeants des différents pays n'ont pas pris ce moment-là pour qualifier Fidel Castro de dictateur, ce qu'il est. Ils ont pris ce moment où Fidel Castro décédait pour essayer de dire quelque chose de positif à son propos, a soutenu M. Dion. (...) L'objectif est d'encourager les Cubains, non pas à accroître les antagonismes du passé, mais à se tourner vers l'avenir pour offrir un meilleur avenir à leurs enfants», a-t-il poursuivi.

Le chef sortant du NPD, Thomas Mulcair, estime pour sa part que le premier ministre aurait dû nuancer davantage ses propos.

«Nos pensées sont avec tous les gens qui se sentent en deuil avec le départ de M. Castro, mais on doit aussi penser à tous ceux et celles qui ont souffert sous le régime de M. Castro», a-t-il indiqué.

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