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Trudeau, d'une «immense naïveté» dans ses propos sur Castro

Les propos de Justin Trudeau à la suite de l’annonce de la mort de Fidel Castro, samedi, ont suscité de vives réactions tant au sein de l’opposition à Ottawa que dans les cercles politiques américains.

«Il a fait preuve d’une immense naïveté, estime Luc Lavoie, analyste à l’émission «La Joute», tout en avouant qu’il n’était pas de ceux qui qualifient le «Comandante» de «pire tyran de l’histoire».

Selon M. Lavoie, le premier ministre a erré en se contentant de mentionner que le célèbre leader cubain était un personnage controversé. «M. Trudeau aurait pu faire attention un peu, Castro était plus que controversé, c’était un dictateur qui a eu des côtés assez autoritaires merci.»

Bernard Drainville partage l’avis de son coanalyste quant au manque de jugement manifesté par Justin Trudeau. Il croit que le premier ministre aurait dû démontrer un sens critique plus aiguisé.

«Il a manqué de nuances, il a fait référence au fait qu’il (Castro) était un grand homme qui a été exceptionnel avec son peuple. Ça me fait penser à sa réaction d’ouverture après l’élection de Donald Trump, quand ce dernier avait fait part de son intention de renégocier le traité de libre-échange. Il se disait prêt à discuter, il n’y avait pas de nuances, comme cette fois-ci», note M. Drainville.

Maintenant qu’il parle au nom de tous les Canadiens, Justin Trudeau doit apprendre qu’il ne peut pas seulement «exprimer ses états d’âme», insiste-t-il. «De nombreux Canadiens considèrent que le bilan en matière des droits humains de Fidel Castro est très mitigé», rappelle-t-il.

Traité de «jeune socialiste»

Les propos de Trudeau ont également fait bondir au sud de la frontière. Les sénateurs Ted Cruz et Marco Rubio n’ont pas digéré ses remarques flatteuses à l’endroit de l’ex-dirigeant cubain.

«Dans le cas de Cruz, il l’a traité de jeune socialiste, tandis que Rubio a dit que ce n’était pas digne d’un chef d’État», indique Bernard Drainville. De son côté, Luc Lavoie fait remarquer que les deux sénateurs sont nés aux États-Unis de parents venus de Cuba.

En fait, rien n’est tout à fait noir ou blanc: Luc Lavoie soutient que le peuple cubain a fait des progrès majeurs sur le plan de l’alphabétisation. «Il a laissé un peuple à tout le moins qui pourra s’en aller dans la bonne direction, grâce à l’alphabétisation et aussi aux services de santé. Mais il y a tout un autre côté qu’on ne peut pas nier. Je rejette la condamnation totale de Castro, un homme marquant du 20e siècle, charismatique, mais en même temps, la tentation totalitaire a fini par prendre le dessus.»

Pour Bernard Drainville, les livres d’histoire accorderont une place importante au père de la révolution cubaine. «Quand on va penser au 20e siècle, on pensera à Churchill, à De Gaule, à Mandela, à Gandhi et on va penser aussi à Castro. Il fait partie des très grands personnages du 20e siècle», conclut-il.

Voyez dans la vidéo ci-dessus un extrait de l’émission «La Joute».

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