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Nouvelle enquête sur le haut gradé de la police Costa Labos

Le haut gradé de la police de Montréal blanchi en septembre dernier après des allégations criminelles fait maintenant l’objet d’une nouvelle enquête, cette fois pour entrave à la justice.

Notre Bureau d’enquête a appris que la section des normes professionnelle de la Sûreté du Québec (SQ) a même rencontré mercredi l’ex-policier Mario Lambert, à l’origine de ces allégations, à la demande de Me Sarah Tridi du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Ce dernier aurait enregistré une longue déclaration vidéo en compagnie de son avocate, Me Nellie Benoît.

TVA Nouvelles

L’enquêteur François Berger, responsable du dossier à la SQ, devrait rencontrer plusieurs autres témoins en lien avec cette affaire au cours des prochains jours.

Lambert est ce policier qui a été accusé, avant d’être blanchi par la Cour supérieure, d’avoir utilisé illégalement les ordinateurs du SPVM pour consulter le Centre de renseignement policier du Québec (CRPQ).

La SQ chercherait à valider si l’inspecteur-chef Labos aurait empêché les sergents-détectives Jean-François Lange et Yvan Fortier de rencontrer une source qui pouvait leur fournir des informations disculpatoires sur leur collègue Lambert. Ce que Costa Labos ignorait, c’est qu’il avait été enregistré à son insu par les employés.

Enregistrements

Le 21 juin dernier, notre Bureau d’enquête avait mis au jour ces enregistrements. On pouvait y entendre l’un des enquêteurs dire à son supérieur:

«Puis moi, dans un contexte, oublie que je suis une police, oublie que je suis n'importe quoi, là, il nous parle assis, puis il innocente quelqu'un que je veux accuser. Moi, je suis obligé, selon la loi, de prendre en note et de rapporter les faits.»

Plusieurs autres éléments d’enquête liés aux allégations d’entraves risqueraient de faire l’objet de vérifications. Mario Lambert et son avocate ont refusé d’accorder des entrevues à ce sujet sans toutefois nier qu’ils avaient rencontré les policiers.

La Sûreté du Québec refuse de confirmer nos informations. «On ne parle jamais publiquement d’une enquête en cours», a affirmé le capitaine Guy Lapointe.

Point de presse

Le 23 septembre dernier, le directeur du SPVM, Philippe Pichet, avait soulevé plusieurs questions dans les milieux policiers et judiciaires en convoquant un point de presse pour annoncer lui-même les conclusions d’une première enquête criminelle concernant son controversé inspecteur-chef.

«Je viens d’être informé que la conclusion est claire, simple et sans équivoque: il n’y aura pas d’accusation criminelle contre Costa Labos», avait-il déclaré.

«Le travail rigoureux est la meilleure façon de se protéger contre les accusations mensongères et le mépris des faits et des lois dont s’abreuvent certains individus», avait-il précisé en ajoutant que le poste de chef des affaires internes qu’occupe M. Labos était souvent impopulaire, puisqu'il doit enquêter sur les policiers.

Philippe Pichet avait néanmoins déplacé Costa Labos un mois plus tard ans des fonctions beaucoup moins prestigieuses de responsable de la centrale téléphonique 911.

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