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EXCLUSIF | «J'aime pas ça être une victime, mais j'en suis une»

TVA Nouvelles

Près de huit ans après le meurtre de ses enfants par son ex-conjoint, Isabelle Gaston souhaite officiellement être reconnue comme une victime.

«J'ai eu plus d'aide et de soutien financier avec mon dégât d'eau que la mort de mes enfants», déplore-t-elle.

C'est le 8 décembre dernier, jour de l'anniversaire de sa fille, que Mme Gaston a finalement déposé sa demande auprès du programme d'indemnisation des victimes d'actes criminels (IVAC).

«C'était symbolique. Avec la fin des procédures, vu qu'il n'y aura pas de troisième procès, je me sentais outillée pour faire cette démarche-là», a-t-elle expliqué.

Dans les semaines qui ont suivi la mort tragique de ses deux enfants, elle avait voulu être reconnue comme victime.

«Tous les Québécois, riches ou pauvres, qui subissent un crime, c'est sous-entendu que les victimes seront indemnisées. Je considère que ce n'est pas fait», insiste-t-elle.

À l'époque, elle n'avait eu droit qu'à quelques séances de psychothérapie.

«Les responsables du CAVAC m'avaient fait déchirer ma demande en me disant "Non, non, vous n'êtes pas une victime"», se rappelle-t-elle.

Une situation qui avait fait sursauter la mère d'Olivier et Anne-Sophie. Malgré tout, elle avait rempli le document comme la CAVAC lui avait indiqué de le faire.

Elle a donc décidé de présenter sa nouvelle demande accompagnée d'une lettre. «Quand j'ai écrit ma lettre et j'ai demandé d'être considérée comme victime au même titre que mes enfants, juste d'écrire ça... Ça m'a fait un soulagement. J'ai dit: "Regarde, Isa, tu es restée debout, tu as la tête haute, tu as "fighté", mais tu es une victime pareil"», dit-elle.

Elle considère qu'après le long combat qu'elle a mené, il était temps de faire sa demande, peu de temps après un jugement de la Cour supérieure qui dit que les parents dont les enfants ont été assassinées par un conjoint doivent être reconnus comme victimes par l'IVAC.

Mme Gaston dit qu'elle a encore besoin de ses séances de psychothérapie, même après toutes ces années. «J'ai encore besoin d'aide, d'en parler, parler de l'injustice, du décès de mes enfants, c'est un droit, la loi est là», conclut-elle.

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