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«Si la balle part, il va te mettre dans un conteneur»

TVA Nouvelles

Un pistolet pointé sur elle pendant qu’elle doit faire des faveurs sexuelles à un homme a été le déclencheur de Mélanie Carpentier pour qu’elle se sorte des griffes des gangs de rue et qu’elle décide d’aider les filles et les femmes sous le joug de leur souteneur.

«Des éléments déclencheurs font que l’on est plus vulnérable de se faire exploiter. J’ai commencé à me tenir avec des gangs de rue très jeune à 12 ans, c’était normal. L’industrie du sexe, c’était mon avenir. J’ai été exploité. À la fin de mon parcours, on m’a réduite à l’esclavage sexuel», raconte Mélanie Carpentier.

La femme, qui a fondé La Maison de Mélanie en 2013 afin de venir en aide aux filles et femmes vulnérables et victimes d’exploitation sexuelle, a réussi à s’en sortir, mais elle a connu l’enfer et sa vie a été en danger.

«Je devais faire le party dans un bunker. Je suis arrivée en retard et les gars ont dit qu’il fallait que je leur fasse une fellation à chacun. J’ai dit okay et en baissant le pantalon du premier, un gun est tombé sur ma jupe. Il a pris l’arme, j’avais le canon en ma direction, et je devais continuer à le satisfaire. Tout le long, je me disais si la balle part, qu’est-ce qui va arriver?», narre Mélanie Carpentier.

Quelles valeurs pour son fils?

Ce fut le déclic. «Si la balle part, il va m’amener à l’hôpital. Et puis, je me suis dit non, si la balle part,  il va te mettre dans un container. Si tu meurs, quelle trace tu vas laisser dans la société, aucune. Si tu meurs aujourd’hui, quels souvenirs, quelles valeurs auras-tu transmis à ton fils?», se demandait Mélanie pendant qu’elle s’adonnait à un acte sexuel avilissant sous la contrainte.

Exploitée, Mme Carpentier a raconté son histoire dans un livre et fondé son organisme. «On fonctionne 24 heures sur 24, c’est une équipe volante. On fait de l’intervention en milieu, on écoute les filles, on défait les situations de crises. On les accompagne, c'est une reprise de pouvoir sur leur vie. Si elles veulent porter plainte on les accompagne au poste de police. On a une approche féministe et humaniste.»

Mélanie Carpentier aimerait que son organisme devienne une véritable maison. Elle a fait des demandes de subventions afin qu’elle puisse avoir une véritable maison où venir en aide aux femmes. Mme Carpentier a besoin de dons.

Page Facebook La Maison de Mélanie.