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Se trouver un emploi... et un conseiller financier

Martine Turenne | TVA Nouvelles

Gros changements dans la vie de Claudine, 45 ans, une célibataire sans enfants qui vit à Québec.

Elle vient de vendre son entreprise de distribution de produits alimentaires, prépare un voyage... et se cherche un nouvel emploi.

Heureusement, les finances de la bachelière en communication sont saines: Claudine n’a aucune dette. Son salaire net mensuel de 3 160 $ lui laissait une marge de manœuvre de 520 $ par mois, une fois ses dépenses payées.

De plus, elle possède des actifs, dont 190 000 $ en REER et 3 000 $ sur un compte en banque, montant qui lui servira à financer un voyage d'un mois en Europe, prévu en mars 2017, dont elle estime le coût à 5 000 $.

«Il y a longtemps que je n'ai pas pris de vacances et je tiens vraiment à faire ce voyage», dit-elle.

Mais ce bel équilibre budgétaire tient à des revenus stables.

Se trouver un emploi... et un conseiller financier

La situation professionnelle de Claudine change, et elle devra se trouver un nouvel emploi.

«Je ne suis pas inquiète pour elle», dit Éric Lebel, associé-syndic et conseiller en redressement financier au cabinet Raymond Chabot.

«Elle a eu une entreprise, elle est allumée, et à 45 ans, elle est encore dans la fleur de l’âge au niveau du travail.»

Cela dit, à son retour de voyage, comme elle n’a pas droit à l’assurance-emploi, Claudine devra utiliser son REER pour vivre le temps de se trouver un emploi. Et donc payer de l'impôt sur le montant perçu.

«Lorsqu'elle aura trouvé un nouvel emploi, dit Éric Lebel, elle devrait épargner systématiquement en mettant chaque mois de l'argent de côté pour cotiser à son REER, plutôt que d'attendre février pour le faire. Quand on enlève le montant sur sa paye, on ne le voit pas, ça ne parait pas, c’est plus facile. Car il y a toujours de bonnes raisons pour ne pas épargner.»

De plus, elle aurait intérêt à rencontrer un planificateur financier en vue de sa retraite. «À 45 ans, il faut y penser!»

Faire de l'épargne systématique

Claudine est très disciplinée en matière de crédit, et n’a aucune dette, ce qui est très rare, dit Éric Lebel.

«En revanche, je note que ses économies mensuelles ne lui laissent pas beaucoup de marge de manœuvre et, compte tenu du voyage qu'elle planifie et du fait qu'elle n'aura pas d'emploi à son retour, elle va devoir changer certaines habitudes.»

Selon M. Lebel, Claudine aurait aussi tout intérêt à se créer un poste «plaisir» et un poste «coussin financier» dans son budget, dans lesquels elle verserait 100 $ par mois chacun.

Acheter une nouvelle voiture

Claudine conduit une Honda Civic 2005 entièrement payée, mais l'âge de son véhicule commence à se fait sentir: «En décembre 2015, j'ai dû débourser 3 500 $ pour effectuer des réparations sur ma voiture», raconte-t-elle.

Une dépense imprévue qu'elle a financée au moyen d'une de ses cartes de crédit.

«Sa vieille auto va commencer à lui coûter cher, dit Éric Lebel. Je lui suggère de s’acheter une petite voiture neuve, pour environ 300$ par mois.»

Ne garder qu’une seule carte

Claudine a beau être très disciplinée côté crédit et payer régulièrement le solde de ses trois cartes (deux cartes d'institution financière et une de grand magasin), Éric Lebel estime qu’elle devrait en déchirer deux.

«C’est une bonne idée de n’en conserver qu’une seule, car c’est beaucoup plus facile de suivre ainsi ses dépenses. Par ailleurs, la discipline a ses limites, la tentation peut prendre le dessus. L’être humain reste fondamentalement émotif.»