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Québec veut plus de femmes dans la construction

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBE

Elles forment 1,5% de la main-d’œuvre dans la construction, moins qu’ailleurs au Canada, et ça n’est pas assez. La Commission de la construction du Québec (CCQ) lance une campagne pour y remédier. «La mixité en chantier» vise à faire évoluer les mentalités.

«Une pelle mécanique, ça n'a pas de sexe», dit Diane Lemieux, présidente-directrice générale de la CCQ. «Que vous soyez une femme ou un homme, c'est la compétence de la personne qui utilise l'outil qui doit passer en premier.»

Il y a 2868 travailleuses bien comptées dans la construction au Québec. En Alberta, les femmes représentent plus de 3% de la main-d’œuvre.

Pourquoi un score si bas au Québec? «Je n’ai pas toutes les réponses, mais il faut trouver des solutions», a dit Mme Lemieux à l’émission de Paul Arcand, ce matin.

Les problèmes de discrimination débutent dès l’arrivée des femmes dans les salles de cours.

«L’industrie de la construction n’a pas le meilleur score, il faut se le dire, poursuit Diane Lemieux. Tant les employeurs que les collègues accueillent mal les femmes.»

À peine 8% des 26 000 employeurs de l'industrie choisissent d'embaucher des femmes. Leur taux d'abandon est presque deux fois plus élevé que les hommes après cinq ans (57% contre 36%).

3% d’ici 2018

L’initiative s'inscrit dans les nombreux efforts déployés par la CCQ afin d'augmenter la présence des femmes sur les chantiers. Dans le cadre du Programme d'accès à l'égalité des femmes dans l'industrie de la construction (PAEF) 2015-2024, la cible est fixée à 3 % de travailleuses d'ici 2018.

Lise Thériault, vice-première ministre et ministre responsable de la condition féminine, souhaite que l’industrie s’inspire du projet pilote mis sur pied sur la Côte-Nord, où les femmes forment 3% de la main-d’œuvre.

«L'industrie de la construction offre une foule d'emplois de qualité auxquels les femmes doivent avoir le même accès que les hommes, dit Mme Thériault. Quand on fait face à une situation où l'écart entre le nombre de femmes et d'hommes est si marqué, il faut s'y attaquer avec vigueur, sur tous les fronts, en commençant par les mentalités. »

« Avec la campagne "La mixité en chantier", on s'adresse aussi bien aux hommes sur les chantiers qu'aux entreprises de construction ou aux femmes qui souhaitent une carrière dans ce domaine», dit de son côté la ministre responsable du Travail, et responsable de la région de la Chaudière-Appalaches, Dominique Vien.

Diane Lemieux lance un appel aux entreprises de construction, particulièrement celles qui comptent plus de cinq salariés.

«Je crois que les entreprises de plus grande taille doivent être le moteur du changement. Si le tiers de ces entreprises faisaient confiance à une travailleuse pour la première fois, nous aurions déjà parcouru la moitié du chemin entre la situation actuelle et la cible de 3%.»

Les grandes lignes de la campagne

Parmi les nouvelles mesures pour augmenter le nombre de femmes dans l'industrie, Québec souhaite accélérer la délivrance d'un certificat de compétence pour les femmes diplômées, faciliter l'accès à l'industrie pour les femmes à qui un employeur offre d'acquérir des compétences en chantier, et permettre aux entreprises de faire travailler une personne apprentie de plus que la proportion apprenti-compagnon prévue sur un chantier lorsqu'il fait travailler une femme apprentie.