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L’avenir des entreprises québécoises est dans le monde - Michael Sabia

Le président-directeur général de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), Michael Sabia, ne craint pas l’arrivée de Donald Trump au pouvoir. Il encourage plutôt les entrepreneurs québécois à investir massivement les marchés américains, mais aussi mondiaux. «L’économie québécoise est trop petite», dit celui qui est à la tête d’une institution qui gère un actif net de 254,9 milliards$.

La Caisse travaillera dans ce sens avec les prochains champions de la croissance, les SNC-Lavalin, CGI ou Couche-Tard de demain, dit Michael Sabia, qui était l’invité de Pierre Bruneau à Carte d’affaires, sur les ondes de TVA.

Craignez-vous l’arrivée de Donald Trump à la présidence américaine, et son programme protectionniste?

Ce n’est pas évident pour moi que Donald Trump sera un problème. Il y aura des occasions pour les sociétés québécoises aux États-Unis, et dans le monde. Il y aura toujours de la volatilité à court terme, avec les taux directeurs, le dollar, etc, c’est incontournable, c’est l’économie. Mais à moyen et à long terme, et c’est de cette façon qu’il faut réfléchir et voir l’économie québécoise, la mondialisation est incontournable. L’économie québécoise est petite. Il faut chercher la croissance ailleurs dans le monde. Les institutions comme la Caisse sont là pour accompagner les sociétés québécoises et les encourager à s’installer aux États-Unis et ailleurs dans le monde.

Nous avons de bons exemples de celles qui l’ont fait, les CGI, Couche-Tard, ou SNC-Lavalin... Il faut créer de nouvelles entreprises, de nouvelles sociétés innovantes. Les prochains champions du Québec sur les marchés mondiaux sont les Moment Factory, LightSpeed... Nous sommes en train de faire des investissements dans ces sociétés pour alimenter leur croissance et les encourager à s’installer à l’extérieur du Québec.

Parmi les grands projets de la Caisse, il y a le REM (Réseau électrique métropolitain). La Caisse fera-t-elle ses frais avec ce train?

Notre projet n’est pas seulement un train. C’est un système de mobilité qui va changer le visage de Montréal, qui va répondre aux besoins quotidiens des Montréalais, et leur simplifier la vie. Nous allons construire un système qui aura une qualité de service, en terme de rapidité, de fréquence et de fiabilité, encore inconnue à Montréal. Ce système offrira un rapport qualité/prix parmi les plus performants au monde.

Qui va payer pour le REM?

Il y aura une contribution importante de la Caisse, et également des investissements provenant des gouvernements québécois et canadien. Les contributions des municipalités seront sur la base du nombre de passagers par kilomètre, comme maintenant, et cela restera du même ordre. Point à la ligne. Quant aux usagers, nous voulons un fort achalandage, et notre objectif est de garder les tarifs bas.

Dans le nouvel indice de vitalité économique des territoires, Montréal se classe 9e dans un palmarès de 10 villes de plus de 100 000 habitants...

Well... Mon instinct est de revenir au train. Le REM va contribuer à la vitalité de Montréal, avec un autre niveau de mobilité, une façon plus efficace de circuler. Il va contribuer à augmenter le niveau de croissance et la création d’emplois.

Ottawa annoncera sous peu la ville où sera installe la nouvelle Banque de l’infrastructure du Canada. Montréal se bat pour obtenir ce siège. Elle a des chances?

Montréal a une chance. Mais ça sera un choix politique. Je pense que c’est Toronto ou Montréal, avec chacun leurs attributs. Montréal a SNC-Lavalin, la Caisse et son expertise en infrastructures. Toronto a une grande expertise financière. Cette banque, innovatrice selon moi, est ce dont nous avons besoin au Canada et au Québec.

Et la Caisse, notre bas de laine, comment va-t-elle aller cette année?

Il y aura toujours beaucoup de volatilité dans le monde, pour toutes sortes de raison. Mais à la Caisse, on est prêt. Nos programmes d’investissement sont basés essentiellement sur la résilience et la robustesse. Notre objectif est de frapper des coups sûrs, et de façon constante, et non pas de frapper des coups de circuit de temps en temps, avec tous les risques qui viennent avec.

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