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Un bébé né après congélation de tissu ovarien d'une fillette

Agence France-Presse

Une femme de 24 ans, dont le tissu ovarien avait été congelé lorsqu'elle avait neuf ans, a donné naissance à son premier enfant au Portland Hospital de Londres, a annoncé mercredi l'université de Leeds, présentant cette naissance comme une première.

«C'est la première fois que la procédure réussit sur une fille pré-pubère», s'est félicité dans le communiqué de l'université le professeur Helen Picton qui avait congelé en 2001 le tissu ovarien de Moaza Al Matrooshi, originaire de Dubaï, alors qu'elle avait 9 ans.

«Au total dans le monde, plus de 60 bébés sont nés de femmes qui ont vu leur fertilité restaurée mais Moaza est le premier cas d'une congélation pré-pubère et le premier pour une patiente traitée pour thalassémie», a ajouté le professeur dans une interview à la BBC.

Le professeur Adam Balen, président de la société britannique de fertilité, s'est également félicité de la naissance de «ce premier bébé né de tissus ovariens congelés prélevés sur une fille avant sa puberté et réimplantés à l'âge adulte».

La jeune femme souffrait depuis la naissance de thalassémie, une maladie du sang liée à un défaut de fabrication de l'hémoglobine, qui nécessitait qu'elle subisse une chimiothérapie pouvant affecter sa fertilité, a expliqué l'université.

Avant de subir ce traitement, son ovaire droit a été retiré et congelé pour préserver ses chances d'être mère. Les tissus de cet ovaire ont ensuite été réimplantés en 2015 et ont permis ce que l'heureuse maman a qualifié de «miracle», lors d'une interview à la BBC.

La chimiothérapie avait en effet eu pour conséquence de faire entrer la jeune femme en ménopause alors qu'elle venait d'avoir 20 ans, précise l'université.

«Après sa transplantation, ses niveaux d'hormone ont commencé à revenir à la normale, elle a commencé à ovuler et sa fertilité a été restaurée», s'est félicitée l'université.

L'année dernière, une Belge a donné naissance à son premier enfant après avoir connu la même procédure alors qu'elle avait 13 ans. Mais, avance l'université de Leeds, «contrairement à Moaza, cette femme avait commencé son entrée en puberté quand son ovaire a été prélevé».