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Le maire d’Anticosti prêt à faire de la prison

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Le maire d’Anticosti, John Pineault, est prêt à faire de la prison pour empêcher Pétrolia de réaliser des forages sur l’île l’an prochain.

Fermement opposé à l’exploration d’hydrocarbures, le maire Pineault mise sur une reconnaissance de l’UNESCO et une injonction permanente des autochtones pour bloquer les projets de Pétrolia.

La compagnie n’a toutefois pas l’intention de reculer.

Pétrolia a obtenu cette semaine l’autorisation du gouvernement du Québec de déplacer un des trois sites de forage sur l’île d’Anticosti. La compagnie veut y faire, l’an prochain, de la fracturation hydraulique pour connaître davantage le potentiel de ce territoire pour l’extraction de pétrole et de gaz de schiste.

Le maire d’Anticosti ne veut pas que ces travaux d’exploration se fassent. La municipalité a entrepris une démarche pour faire reconnaître l’île comme patrimoine mondial de l’UNESCO. Près de 18 000 personnes ont manifesté leur appui via un site internet.

John Pineault a aussi des alliés chez les autochtones. Le Conseil de bande Ekuanitshit a l’intention de s’adresser aux tribunaux pour obtenir une injonction permanente contre les travaux d’exploration.

Le maire d’Anticosti ira plus loin si l’injonction n’est pas émise. «J’espère que l’injonction permanente va être accordée, a-t-il dit. Si elle n’est pas accordée, il va rester une chose, c’est la désobéissance civile. Pétrolia, je le répète, qu’ils essaient de débarquer les foreuses ici... ils ne débarqueront pas. Ou moi je vais être en prison.»

Jean-François Belleau, porte-parole de Pétrolia, répond que les plans de la compagnie n’ont pas changé: les forages auront lieu au cours de l’été prochain comme le cadre légal le permet.

S’il y a des gestes de désobéissance civile, la compagnie évaluera la situation. Jean-François Belleau constate le refus du maire d’Anticosti et du chef du Conseil de bande d’Ekuanishit de communiquer avec lui. Mais il croit que leur position ne reflète pas l’opinion de l’ensemble des citoyens de l’île.

«Personne ne me lance de tomates quand je vais sur l’île, a indiqué M. Belleau. On a une population qui est divisée, mais les gens qui veulent connaître le potentiel de l’île, qui veulent qu’on aille au bout de cette campagne-là, sont toujours présents et encore là et nous encouragent à poursuivre.»

Le maire d’Anticosti a aussi décidé de mettre le drapeau du Québec face à la municipalité en berne jusqu’aux prochaines élections, question de protester contre l’adoption de la loi 106 sur les hydrocarbures.

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