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Taxer les plus riches: une erreur admet Legault

Régys Caron | Agence QMI

Le chef de la CAQ François Legault dit avoir commis une erreur en esquissant un virage à gauche dans une entrevue accordée à un quotidien montréalais en début de semaine. Il s'en excuse auprès de ses adversaires.

«En entrevue à La Presse lundi dernier, je me suis mal exprimé et mes paroles ont causé une controverse, reconnaît M. Legault sur sa page Facebook. Dans l'entrevue, je me suis mis à réfléchir tout haut. Erreur!»

L'erreur fut de laisser entendre qu'il entendait taxer les riches pour réduire le fardeau fiscal des contribuables moins fortunés.

«Il n'est absolument pas question pour la CAQ d'augmenter les impôts ou les taxes. De plus, les hausses de tarifs ne doivent jamais dépasser l'inflation pour tous les Québécois», a souligné le chef de la Coalition avenir Québec. Il rappelle sa promesse de réduire les impôts de 500 $ par personne «pour tous les Québécois qui gagnent moins de 150 000 $ par année».

François Legault prend l'engagement de ne pas couper dans les services de santé et d'éducation pour financer les baisses d'impôt. «On va utiliser une partie des surplus destinés au Fonds des générations», promet-il. Le Fonds des générations est une cagnotte par laquelle le gouvernement se verse de l'argent à lui-même pour compenser l'augmentation de sa dette.

«C'est important de réduire notre endettement, mais pour y arriver, il ne faut pas seulement réduire la dette, il faut aussi augmenter notre richesse et donner de l'oxygène à l'économie», plaide le député de l'Assomption.

François Legault termine sa missive en présentant ses excuses auprès du Parti Québécois et de Québec solidaire.

«N'ayez crainte, je vous laisse votre programme», écrit-il ajoutant une émoticône affichant un clin d'oeil. Il saisit l'occasion pour reprocher au gouvernement libéral d'avoir «atteint l'équilibre budgétaire en augmentant votre fardeau fiscal et en coupant dans les services».

Le Parti québécois s'est empressé de réagir. «Ça confirme que M. Legault fait des tentatives, il flaire le vent et change d'idée. Les positions de la CAQ ne s'appuient pas sur des principes ni des convictions. Ça donne un parti qui change d'idée sur une base régulière», a commenté le député Nicolas Marceau.

Les propositions de la CAQ ne sont pas réalistes, soutient le député de Rousseau. À son avis, réduire les impôts comme le promet François Legault coûterait des milliards $ au trésor public, sans compter le réinvestissement dans les services d'éducation et de santé, de l'argent que le gouvernement n'a pas.

«L'argent ne pousse pas dans les arbres (...) Il y a moyen d'améliorer la bureaucratie, mais c'est une illusion et de la pensée magique que de croire qu'on peut faire pleuvoir les milliards $ en prétendant que par un ménage on va offrir des baisses d'impôts et investir dans les services publics. Les Québécois ne sont pas dupes», a dit M. Marceau.

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