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Bilan et perspectives de la centrale syndicale

«Les Québécois sont indignés», dit la FTQ

Argent

TOMA ICZKOVITS/AGENCE QMI

La campagne pour un salaire minimum à 15 $, la lutte contre les inégalités, la sécurité sur les chantiers, la bonification du régime des rentes et les transformations du marché du travail sont les priorités de la FTQ en 2017.

Ces transformations majeures découleront de la lutte aux changements climatiques.

«Des emplois vont disparaître, d’autres vont être créés en raison des nouvelles technologies. Le gouvernement n’a pas le droit d’abandonner ces travailleurs et ces travailleuses, il doit les accompagner dans cette transition», a dit le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Daniel Boyer, par communiqué, jeudi.

La plus grande centrale syndicale au Québec a annoncé ses priorités pour la prochaine année, et elle a fait le bilan, peu reluisant, de 2016.

«Les gens sont indignés des conséquences des coupes de ce gouvernement, dit Daniel Boyer, que ce soit dans l’aide aux élèves en difficulté ou dans les résidences pour nos aînés, ou encore de la hausse des tarifs de nos CPE. Si le gouvernement [provincial] a une réelle intention de remédier au mécontentement de la population, il devra notamment annoncer des réinvestissements rapides et suffisants en santé et en éducation.»

Le président de la FTQ invite le gouvernement de Philippe Couillard «à mettre en place un véritable dialogue social et à réparer les dégâts causés par ses politiques d’austérité des deux dernières années».

Un gouvernement pro-patronat?

Après 31 mois au pouvoir, la FTQ estime que le gouvernement Couillard «penche toujours du même côté et c’est immanquablement du côté des associations patronales».

La centrale syndicale estime que le gouvernement devrait profiter de l’annonce de la hausse du salaire minimum, en mai prochain, pour «se mettre en mode écoute face au vaste mouvement en faveur du salaire minimum à 15$ l’heure et de se doter d’un réel plan d’action pour sortir les travailleurs les plus démunis de la pauvreté».

La FTQ déplore également les modifications apportées aux régimes de retraite et de négociation dans le secteur municipal, estimant que le gouvernement «a bafoué » les droits syndicaux et constitutionnels des travailleurs.

Chaque mort en est une de trop

Il y a trop d’accidents sur les chantiers de construction, déplore la FTQ, qui se dit «particulièrement inquiète». La centrale exige la présence d’un représentant à la prévention en santé et sécurité sur chaque chantier de construction au Québec. «Chaque mort est un mort de trop et la prévention est la seule véritable clé pour remédier à cette situation», a dit le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux.

La FTQ demande aussi au gouvernement de créer une commission d’enquête publique à la suite d’un troisième accident mortel survenu récemment sur le chantier de la Romaine.

Elle veut par ailleurs mettre fin aux clauses de disparité de traitement dans les conventions collectives en fonction de la date d’embauche, que ce soit pour les régimes de retraite ou les assurances collectives. «Nous ne nous attendons à rien de moins qu’à une modification à la Loi sur les normes du travail, avec laquelle d’ailleurs tous les partis politiques sont d’accord», a précisé Serge Cadieux.

La FTQ attend également du gouvernement Couillard qu’il bonifie le Régime de rentes du Québec. «Il y a consensus à travers le pays et le Québec ne doit pas faire bande à part», dit Daniel Boyer. La FTQ entend prendre activement part aux consultations à ce sujet prévues dès janvier.

Satisfaite de Justin... avec des attentes

Sur la scène fédérale, la FTQ «salue le respect de certains engagements électoraux du gouvernement de Justin Trudeau». Mais elle entend talonner le premier ministre canadien de près afin qu’il livre l’ensemble de la marchandise annoncée. «Nos attentes restent grandes, dit Serge Cadieux, entre autres, en ce qui a trait à l’assurance emploi, la structure du Tribunal de la sécurité sociale, le rétablissement du service postal à domicile et sur la réforme électorale.»