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Donald Trump, personnalité de l’année de l’Agence QMI

La personnalité de l’année de l’Agence QMI n’est pas canadienne, ni québécoise. Il s’agit d’un de nos voisins du Sud dont l’élection a retenti comme un coup de tonnerre à l’échelle de la planète.

Donald Trump n’a pas eu le temps de s’installer à Maison Blanche – ce qu’il fera le 20 janvier prochain – que déjà son influence s’est fait sentir au Canada. En fait, c’est un véritable vent d’incertitude que le magnat de l’immobilier a semé.

L’Agence QMI a décidé d’en faire sa personnalité de l’année 2016 à la suite des résultats d’un sondage réalisé auprès des responsables de l’information des médias de Québecor.

«Sa remise en question des accords de libre-échange et ses positions environnementales pourraient modifier profondément les rapports entre le Québec et les États-Unis, qui sont notre premier partenaire commercial», note dans sa réponse au sondage, Jean-Louis Fortin, adjoint au directeur de l’information, au «Journal de Montréal».

«Ce n'est pas pour rien que le ministre des Finances (du Québec) Carlos Leitao s'est déclaré préoccupé», a-t-il ajouté.

Pendant sa campagne électorale, Donald Trump n’a pas cessé de marteler qu’il allait déchirer l’Accord de libre-échange nord-américain (l’ALÉNA), néfaste, selon lui, pour les travailleurs américains. Maintenant qu’il a été porté au pouvoir, va-t-il le faire ? Et comment va-t-il le faire ? Personne ne le sait.

Par contre, il est clair que les enjeux sont grands pour le Québec. Certaines études estiment que nos exportations vers les États-Unis produisent des retombées annuelles de 35 milliards $ dans la province.

À l’échelle fédérale, le premier ministre Justin Trudeau a joué de prudence à l’égard de Donald Trump. Il s’est bien gardé de le critiquer, lui qui, à première vue, ne semble pas d’avoir des atomes crochus avec ce personnage. M. Trudeau s’est même dit prêt à ouvrir les négociations avec lui sur l’ALÉNA, ce qui a suscité beaucoup de critiques.

Le style populiste de Donald Trump a eu aussi de l’influence sur la façon de faire la politique au Québec. L’émergence d’une nouvelle figure, comme celle du conseiller syndical Bernard «Rambo» Gauthier, a fait dire à certaines personnes qu’un mouvement anti-élite et anti-immigration pourrait aussi gagner de la force dans la province. Des commentateurs en ont toutefois dénoncé les contradictions.

«Aux États-Unis, ceux qui dénonçaient les filous à Washington viennent de porter au pouvoir un homme à côté duquel l’élu le plus compromis est un servant de messe. Au Québec, ceux qui applaudissent Rambo (Gauthier) sont souvent les mêmes qui maudissent les syndicats», a souligné le chroniqueur du «Journal de Montréal», Joseph Facal.

Les maisons de sondages en ont aussi pris pour leur rhume, à cause de leur incapacité à anticiper la victoire de Donald Trump. Elles se sont butées à une réticence d’un grand nombre d’Américains à avouer une préférence pour l’homme d’affaires. «C’est toujours difficile pour les sondeurs de mesurer ce qui est socialement inacceptable ; dans la question du Brexit (en Grande-Bretagne) ou de l’élection américaine, il y a un électorat plus discret », s’est défendu le sondeur Jean-Marc Léger, en entrevue au quotidien «Le Devoir».

Influencé par les idées de Donald Trump, cet électorat «plus discret» sera-t-il dorénavant plus présent au Québec ? Les prochaines années le diront sans doute.

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