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Des liens entre le trauma crânien et le cycle du sommeil

Le degré de récupération du cerveau après un traumatisme crânien grave est lié au retour d’un cycle du sommeil normal selon une étude fondée sur un suivi de patients de l’hôpital du Sacré-Cœur par des chercheurs montréalais.

«Cette étude contribue à mieux comprendre pourquoi les patients qui sont hospitalisés en raison d’un traumatisme crânien grave présentent des troubles du sommeil et de l’éveil importants», a affirmé Nadia Gosselin, professeure au département de psychologie de l’Université de Montréal dans un communiqué.

L’équipe de la professeure Gosselin a suivi des patients victimes d’un traumatisme crânien modéré ou grave, sélectionnés parmi des personnes qui séjournaient aux soins intensifs de l’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal et qui sortaient du coma.

L’évolution du cycle éveil-sommeil a été étudiée sur 30 patients, 22 hommes et 8 femmes, âgés de 17 à 58 ans. Pour être qualifié de «normal», ce cycle se définit comme l'alternance entre un état actif d’éveil le jour et de sommeil la nuit.

L’échantillon était composé de victimes d’accidents de la route, de chutes ou d’accidents sportifs, précise le communiqué conjoint du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Nord-de-l'Île-de-Montréal et de l’Université de Montréal.

L’une des conclusions est que «le retour à un cycle d’éveil et de sommeil normal est étroitement lié au degré de conscience retrouvé».

Chez les traumatisés crâniens, l’équipe de recherche a remarqué que le sommeil, loin d’être un cycle régulier, était au contraire fragmenté et dispersé à travers le jour et la nuit.

«Les résultats de cette étude mettent en lumière que, lorsque le cerveau n’a pas récupéré suffisamment à la suite d’un traumatisme crânien grave, il est incapable de générer un cycle éveil-sommeil normal de 24 heures. De plus, ces observations indiquent que la qualité du sommeil de ces patients n’est pas suffisante pour assurer une bonne récupération du cerveau.»

Le sommeil est un élément essentiel de la récupération puisqu’il permet, pendant cette période de repos, de former de nouvelles connexions entre les neurones.

L’équipe de la professeure Gosselin souhaite pousser ses découvertes plus à fond afin d’élaborer des protocoles de soins qui pourraient notamment améliorer l’environnement hospitalier pour favoriser le sommeil chez ce type de patients.

Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue «Neurology», en décembre 2016.

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