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EXCLUSIF | Pour vaincre la peur des enfants à l'hôpital

Harold Gagné | TVA Nouvelles

Y a-t-il quelque chose de plus traumatisant pour un enfant que de devoir subir des traitements, des injections, et une intervention chirurgicale dans un hôpital?

L'Hôpital de Montréal pour enfants a mis en place un programme ou des éducatrices en pédiatrie font tout pour réduire la peur des touts petits et l'anxiété des parents comme ceux de Matis.

Le petit garçon a 6 ans. Il doit subir une autre intervention chirurgicale à l'Hôpital de Montréal pour enfants.

Les hôpitaux ont toujours fait partie de sa vie. Il n'avait que quelques heures d'existence lorsqu'il a été opéré la première fois. Depuis ce temps il a subi une dizaine d'interventions.

Sa mère, Mélanie Mireault, explique qu'il a une malformation au niveau de l'oesophage.Cela cause du reflux gastrique et des pneumonies à répétition.

Matis, on le comprendra, n'aime pas beaucoup les hôpitaux.

Il dit qu'il a peur des piqûres.

«Avant, il avait peur des piqûres, confirme son père Stéphe Berthiaume. Cela augmentait son niveau d'anxiété. Maintenant il sait que tout va se passer lors de son '' dodo magique'', quand il sera endormi.»

La peur de Matis est presque complètement disparue depuis qu'une éducatrice pédiatrique est entrée dans sa vie.

Encore une fois elle va préparer l'intervention chirurgicale en créant un jeu éducatif.

«Tu vois, lui montre Sabrina Drudi, éducatrice pédiatrique à l'Hôpital de Montréal pour enfants, on va mettre un bracelet d'hôpital comme le tien à ton ourson en peluche. Mon ourson à moi a aussi un bracelet.»

Les parents assistent à toute la mise en scène qui dure environ 45 minutes.

«Matis, lui explique doucement Sabrina, tu vas mettre un pyjama spécial pour aller en salle d'opération, car c'est un endroit très propre.»

Il apprivoise aussi le masque qui sera mis sur son visage pour l'endormir. Il imagine que c'est un masque de plongée et pourra y apposer des dessins.

Ce masque de Matis aura une odeur de melon.

Chaque jour Sabrian Drudi prépare entre 5 et 7 jeunes qui doivent se rendre en salle d'opération. Les plus petits ont 18 mois.

«Avec les plus jeunes, on utilise le masque. Ils jouent avec. On demande aussi aux parents de mettre un masque et de faire de coucous à leur enfant pour qu'il n'ait pas peur.»

Le père ou la mère de Matis auront le droit de conduire leur fils jusqu'en salle d'opération.

«Partir vers la salle d'opération avec des gens qu'il ne connaissait pas ce n'était pas facile, raconte sa mère. Quand il était plus petit, il n'y avait pas de problèmes, mais maintenant c'est différent.»

«Le fait de le voir partir avec un sourire plutôt qu'en pleurant, ajoute son père, cela fait toute la différence!»

Malgré tout, impossible de faire disparaître complètement les pires craintes de la tête d'un enfant.

Il pleure un peu en arrivant en salle d'opération et demande à s'endormir dans les bras de sa mère. C'est ce qui se produit avec la complicité du docteur Pierre Fiset, anesthésiologiste.

«Mon coeur de maman est bouleversé, mais ça me rassure de le voir en sécurité, dit Mélanie Mireault.»

L'intervention pratiquée par une gastro-entérologue, un pneumologue et un ORL dure environ une heure.

L'an passé près de 7000 interventions chirurgicales ont été pratiquées à l'Hôpital de Montréal pour enfants et près de 600 enfants ont pu profiter de ce programme rendu possible grâce à un donateur anonyme qui a déboursé un million de dollars.

«C'est un programme qui nous aide beaucoup, confirme la Dre Dominique Lévesque, gastro-entérologue. Imaginez si la mère n'avait pas été en salle d'opération. Tout s'est passé calmement. L'opération de Matis s'est bien déroulée. Les problèmes qu'il avait semblent s'être améliorés», est heureuse d'annoncer la Dre Lévesque.

Mais il y aura d'autres vérifications, d'autres interventions dans les prochaines années. Une chance, disent ses parents que la fondation de l'Hôpital de Montréal pour enfants est là pour nous aider.

«Il dort. Il est serein. On est bien entouré, répète à voix basse la mère de Matis, qui dort toujours dans la salle de réveil.»

Matis a quitté l'hôpital quelques heures plus tard, emportant avec lui l'histoire de sa chirurgie qu'il pourra à son tour raconter à ses camarades de classe.