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Vent d’optimisme chez les entrepreneurs québécois

Plus des deux tiers des dirigeants de PME québécois et canadiens envisagent une croissance de leurs revenus en 2017, comparativement à moins de 39 % et 45 % respectivement un an plus tôt.

Des résultats surprenants, mais qui témoignent d’un réel optimisme par rapport à l’économie, dit Pierre Cléroux, économiste en chef de la Banque de développement du Canada (BDC), qui a piloté l’étude «Intentions d’investissement des entrepreneurs canadiens, Perspectives 2017».

«L’économie s’améliore depuis trois ans partout au pays, et on le voit bien au Québec. Cet optimisme est une bonne chose, car il faut avoir confiance pour investir.»

L’enquête sonde les PME canadiennes sur les raisons qui motivent ou freinent leurs projets d’investissement. Elles emploient près de 90 % de la main-d’œuvre du secteur privé, et comptent pour 99,8 % des entreprises canadiennes! Leur santé financière et leurs projets d’investissements vont donc de pair avec la croissance de l’économie canadienne, note l’étude de la BDC.

Investissements plutôt stables

Malgré l’optimisme ambiant, les intentions d’investissement demeurent plutôt stables, tant au Canada qu’au Québec. 78 % des dirigeants de PME québécoises envisagent d’investir en 2017 quelque 16,9 milliards $, contre 16,8 milliards $ en 2016, une croissance modeste. Au Canada, il s’agira de 96,6 milliards $ en 2017, soit 1,6 % de plus que l’an dernier.

Par contre, les petites entreprises sont plus proactives: elles prévoient investir près de 27,9 milliards $ cette année, une augmentation de 19 % par rapport à l’an dernier. «Au Québec, ça serait la première fois depuis 2012 qu’il y aurait une augmentation des investissements», dit Pierre Cléroux. Même modeste, cela signifie une croissance de l’économie.

Pénurie de main-d’oeuvre

Avec ceux de la Colombie-Britannique, les dirigeants de PME québécoises sont les plus nombreux au pays (43 %) à invoquer la pénurie de main-d’oeuvre qualifiée comme premier facteur qui limite leurs investissements.

«Au Québec, depuis deux ans, la main-d’œuvre active, les 15 à 65 ans, a diminué, dit Pierre Cléroux. Il y a moins de jeunes qui entrent sur le marché du travail que de travailleurs qui partent à la retraite. Le taux de chômage est à son plus bas. Les entreprises ont donc de la difficulté à recruter.»

Résultat: elles font davantage de formation, tant pour retenir leurs travailleurs que les maintenir motivés. «La formation est désormais le deuxième secteur d’investissement, derrière les technologies, mais devant la machinerie et l’équipement, les rénovations et recherche et développement», note Pierre Cléroux.

Un manque de liquidités

Dans l’ensemble du pays, c’est le manque de liquidités qui arrive maintenant en tête comme facteur le plus souvent cité comme frein à l’investissement.

«Les entrepreneurs sont prudents, peut-être trop! dit Pierre Cléroux. Ils investissent à partir de leur propres fonds générés en entreprises. Ils n’aiment pas emprunter, alors que les conditions de crédit sont pourtant bonnes.» Ainsi, au Québec, la moitié des dirigeants disent vouloir utiliser leur propres fonds. Exit les banques. «Les entrepreneurs sont à l’opposé des consommateurs, dit Pierre Cléroux. Ces derniers n’ont jamais eu autant de dettes, tandis que celles des entreprises sont dans un bas historique!»

La techno en grande forme

Les PME du secteur des technologies sont les plus enthousiastes: plus de la moitié vont investir plus qu’en 2016, contre le tiers de l’ensemble des PME. La croissance de ces investissements est impressionnante: 38 % de plus que l’an dernier! Pas étonnant quand on sait que c’est dans l’achat de matériel informatique, de logiciels et d’applications de commerce électronique que l’ensemble des PME, de tous les secteurs, comptent investir en premier cette année.

«Les entreprises en technologie ont le vent dans les voiles, et c’est particulièrement vrai au Québec, où le secteur est important», dit Pierre Cléroux.

Les PME exportatrices sont aussi très optimistes, avec des intentions d’investissement plus élevées que la moyenne, du moins celles qui exportent des biens, et non pas des services. «Le dollar est bas, et la demande américaine est forte, dit Pierre Cléroux. On n’a pas senti d’inquiétude par rapport à Donald Trump dans le sondage, qui a été fait durant la campagne électorale.»

Seule ombre au tableau, les PME du secteur du commerce de détail, qui prévoient une baisse du tiers des sommes qu’elles investiront cette année. «Les commerçants sont très affectés par le commerce en ligne, note M. Cléroux, qui prend une ampleur considérable. Plusieurs, notamment les plus petits, n’ont toujours pas de sites transactionnels. Ils sont en retard par rapport aux consommateurs. »

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