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Anticosti veut être reconnue comme patrimoine mondial

Agence QMI

Le maire d’Anticosti, John Pineault, a officiellement déposé le dossier scientifique qui pourrait faire en sorte que son île soit reconnue comme patrimoine mondial de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

Cette candidature a été présentée mardi, appuyée par le préfet de la MRC de la Minganie, Luc Noël, et du chef de la communauté innue d’Ekuanitshit, Jean-Charles Piétacho.

«Nous sommes fiers de livrer un dossier scientifique complet. C’est l’aboutissement d’un effort exceptionnel de la communauté d’Anticosti pour faire reconnaître le caractère unique de l’île», a mentionné le maire d’Anticosti, John Pineault, dans un communiqué.

Cette volonté n’est pas nouvelle. Déjà en décembre, le maire y voyait un moyen de bloquer la route au développement des projets de forages de l’entreprise Pétrolia.

«Protéger et mettre en valeur le caractère unique de notre territoire en offrant une qualité de vie exceptionnelle et proche de la nature, c’est ce qui nous anime depuis le début», a-t-il ajouté.

Cette démarche doit d’abord être approuvée par le gouvernement du Québec avant d’aboutir dans les mains du gouvernement Trudeau qui décidera ensuite si cette candidature sera envoyée ou non à l’UNESCO.

«Le dossier est solide, tout comme nos appuis de partout dans le monde. Il reste au gouvernement du Québec à prendre une décision. Il lui reste moins de deux semaines avant la date finale du dépôt des candidatures au gouvernement fédéral», a précisé le maire d’Anticosti, John Pineault.

Des appuis scientifiques

Des scientifiques du Québec, mais aussi d’ailleurs approuvent cette initiative, notamment parce qu’Anticosti témoigne «des grands stades de l'histoire de la Terre», selon André Desrochers, professeur du département des sciences de la Terre et de l’environnement de l’Université d’Ottawa.

«Anticosti est le meilleur laboratoire naturel pour l’étude de la première extinction de masse du vivant, il y a près de 445 millions d’années. Anticosti nous permet de mieux comprendre les profonds changements climatiques qu’a subis la planète à cette époque et la manière dont la vie a repris son cours», a-t-il mentionné par communiqué.

«Anticosti possède également un extraordinaire paysage culturel, des caractéristiques que l’UNESCO cherche également à protéger. L’interaction entre l’être humain et la nature, l’histoire de son occupation, les traditions et les savoir-faire bien ancrés dans les mémoires de ses habitants en font un lieu au caractère symbolique universel», a ajouté le professeur Philippe Poullaouec-Gonidec, directeur de la Chaire UNESCO en paysage et environnement de l’Université de Montréal.

Les promoteurs du projet soutiennent que 23 000 personnes ont déjà appuyé cette candidature en ligne, aussi soutenue par des groupes environnementaux, le Parti québécois et Québec solidaire.