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Obama promet de s'exprimer si les valeurs de l'Amérique sont en jeu

Barack Obama, qui va quitter vendredi la Maison-Blanche après deux mandats, a réaffirmé mercredi qu'il pourrait s'exprimer publiquement après son départ si «les valeurs fondamentales» de l'Amérique étaient en jeu.

Lors de sa dernière conférence de presse à la Maison-Blanche, M. Obama n'a pas écarté la possibilité de «s'exprimer» sur des sujets comme la discrimination, le droit de vote, la liberté de la presse ou l'immigration.

«Il y a une différence entre le fonctionnement de la politique au quotidien et certains problèmes ou périodes qui pourraient affecter nos valeurs fondamentales», a-t-il expliqué.

«Je mets dans cette catégorie la discrimination systématique (...), les obstacles faits aux personnes en capacité de voter, d'exercer leurs droits, (...) les initiatives institutionnelles pour faire taire la presse d'opposition, et les initiatives visant à (...) envoyer ailleurs des enfants qui ont grandi ici», a précisé le président sortant.

«Ce serait quelque chose qui mériterait que je m'exprime», a-t-il ajouté.

Il a par ailleurs réitéré qu'il souhaitait après son départ écrire et profiter de sa famille.

«Je veux écrire. Je veux être un peu silencieux (...) et passer du temps avec mes filles», et aussi «m'assurer que ma femme (...) veuille bien me supporter un peu plus longtemps», a déclaré M. Obama, soulignant qu'il allait célébrer cette année ses 25 ans de mariage avec son épouse Michelle.

Voyez le début de la conférence de presse en anglais dans le segment vidéo de CNN ci-dessous:

Dossier Chelsea Manning

Par ailleurs, Barack Obama a affirmé que «justice a été rendue» dans l'affaire de Chelsea Manning, dont il a commué la peine mardi alors que cette militaire devait purger 35 ans de prison pour avoir transmis des documents confidentiels au site WikiLeaks.

«Je n'ai aucun problème à dire que justice a été rendue», a déclaré M. Obama lors de sa dernière conférence de presse à la Maison-Blanche. Car Chelsea Manning a purgé «une dure peine de prison», «elle a été jugée (...), elle a admis sa responsabilité pour son crime, la peine qu'elle a reçue était très disproportionnée par rapport à celles d'autres lanceurs d'alerte», a-t-il ajouté, rappelant qu'il avait

M. Obama a de plus déclaré qu'il est dans «l'intérêt de l'Amérique et du monde d'avoir des relations constructives avec la Russie». «Cela a été mon approche (de la question) pendant ma présidence», a poursuivi le 44e président américain, assurant toutefois que cette vision s'est heurtée à une «escalade du discours anti-américain» lorsque Vladimir Poutine est revenu à la présidence russe en 2012, menant à une relation Washington-Moscou plus «antagoniste» et «difficile».

Dans un autre dossier, le président sortant s'est dit «profondément inquiet» face au conflit israélo-palestinien, mettant en garde Donald Trump contre une situation potentiellement «explosive».

«Je suis inquiet parce que j'estime que le statu quo est intenable, qu'il est dangereux pour Israël, mauvais pour les Palestiniens, mauvais pour la région et mauvais pour la sécurité aux États-Unis», a déclaré Barack Obama. Évoquant son successeur Donald Trump, qui a promis d'installer l'ambassade américaine à Jérusalem dans un geste hautement controversé, il a mis en garde contre le fait de mener des «mouvements unilatéraux soudains» dans un «environnement explosif».

La question israélo-palestinienne peut être «explosive»

Le président américain Barack Obama s'est également dit mercredi «profondément inquiet» face au conflit israélo-palestinien. Il a mis en garde Donald Trump contre une situation potentiellement «explosive».

«Je suis inquiet parce que j'estime que le statu quo est intenable, qu'il est dangereux pour Israël, mauvais pour les Palestiniens, mauvais pour la région et mauvais pour la sécurité aux États-Unis», a déclaré Barack Obama.

Évoquant son successeur Donald Trump, qui a promis d'installer l'ambassade américaine à Jérusalem dans un geste hautement controversé, il a mis en garde contre le fait de mener des «mouvements unilatéraux soudains» dans un «environnement explosif».

Après avoir investi «beaucoup de temps, beaucoup d'énergie» dans le conflit israélo-palestinien, Barack Obama a dit craindre de voir disparaître la possibilité d'une solution à deux États.

«Je ne vois pas comment ce problème peut être résolu en faisant qu'Israël demeure à la fois un État juif et démocratique», a prévenu Barack Obama.

En l'absence d'un État palestinien, le président américain estime qu'Israël court le risque «d'étendre une occupation» pour finir par avoir des «millions des gens privés de droit» dans un seul État.

Vilipendé par Donald Trump et le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, Barack Obama a justifié sa décision de laisser passer une résolution condamnant la colonisation au Conseil de sécurité de l'ONU par la nécessité «de tirer la sonnette d'alarme».

«Les électeurs israéliens et palestiniens doivent comprendre que la fenêtre (pour une solution à deux États) est en train de se refermer», a-t-il dit.

Des chiffres flatteurs

Sondage après sondage, les chiffres sont tous flatteurs pour le président démocrate qui s'apprête à céder la place au républicain Donald Trump, élu le 8 novembre à la surprise générale. Confronté à une série d'enquêtes défavorables, ce dernier a dénoncé mardi avec véhémence des «sondages truqués».

Cruelle ironie pour Barack Obama qui rêvait qu'un démocrate lui succède pour cimenter son bilan: la coalition qui l'a porté au pouvoir à deux reprises (2008 et 2012) s'est peu mobilisée dans les urnes en faveur d'Hillary Clinton mais tire vers le bas les chiffres de popularité du magnat de l'immobilier qui s'apprête à lui succéder.

Selon le dernier sondage en date, réalisé par CNN/ORC et diffusé mercredi, 60% des Américains approuvent l'action de Barack Obama, son meilleur score depuis juin 2009.

Il figure en haut de tableau des présidents en fin de mandat, juste derrière Bill Clinton (66% en janvier 2001) et Ronald Reagan (64% en janvier 1989). Par ailleurs, près de deux tiers des Américains (65%) estiment que sa présidence a été un succès.

Dans son derniers discours, il y a une semaine à Chicago, il avait exhorté les Américains à être des acteurs vigilants du processus démocratique.

«La démocratie peut flancher lorsque nous cédons à la peur», avait-il mis en garde. «Notre démocratie est menacée à chaque fois que nous la considérons comme acquise», a-t-il insisté, soulignant que la constitution américaine, «remarquable cadeau», n'avait aucun pouvoir en tant que telle.

Le président élu, dont les diatribes matinales sur Twitter - de la diplomatie aux commentaires sur telle ou telle émission de télévision - tiennent le monde en haleine, a lui assuré qu'il n'aime pas utiliser ce réseau social.

«Je n'aime pas tweeter», a-t-il affirmé dans un entretien accordé à Fox News. «J'ai d'autres choses à faire. Mais j'ai droit à une couverture médiatique très malhonnête, à une presse très malhonnête. Et c'est la seule manière que j'ai trouvée de réagir.»

Il a par ailleurs confirmé qu'il avait l'intention de poursuivre sur la même voie une fois installé dans le Bureau ovale.

Il pourra pour ce faire continuer à utiliser son compte actuel @realDonaldTrump ou utiliser le compte @POTUS (acronyme de «President of the United States»), lancé il y a un peu plus d'un an par la Maison Blanche et qui sera mis à la disposition du 45e président des États-Unis.

Le compte conservera ses plus de 13 millions d'abonnés mais la «timeline» (flux de messages) sera remise à zéro. Un nouveau compte, @POTUS44, rassemblera tous les tweets envoyés par Barack Obama (près de 350) qui seront par ailleurs archivés.

Les préparatifs se poursuivaient pour la prestation de serment de Donald Trump, qui sera investi président par un juge de la Cour suprême, John Roberts, vendredi à midi devant le Capitole.

Selon son porte-parole, Sean Spicer, Donald Trump a écrit son discours lui-même avec l'aide de ses proches conseillers. M. Spicer a aussi prédit «une foule record» pour la cérémonie.

Les autorités disent attendre entre 800 000 et 900 000 personnes vendredi, une estimation prudente et comparable au million venu assister à la seconde prestation de serment de Barack Obama en 2013.

Seuls ceux qui auront obtenu une place par l'intermédiaire de leurs parlementaires pourront se trouver dans la zone la plus proche du Capitole, les autres regarderont la cérémonie à distance sur des écrans géants.

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