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Donald Trump aux portes du pouvoir

Agence France-Presse

Donald John Trump est arrivé jeudi à Washington pour participer aux festivités en vue de son investiture vendredi comme 45e président des États-Unis, rituel de la démocratie américaine et début d'une ère incertaine pour la première puissance mondiale et le reste de la planète.

Le milliardaire républicain aux 20 millions d'abonnés sur Twitter a atterri peu après midi sous un ciel nuageux à la base militaire d'Andrews en provenance de New York, à bord d'un avion de la flotte présidentielle où son épouse Melania, tout de noir vêtue et avec des lunettes de soleil, et ses enfants et petits-enfants avaient également pris place.

Il s'est rendu directement au Trump International Hotel de Washington, ouvert à l'automne à quelques centaines de mètres de la Maison Blanche, pour un déjeuner de centaines de personnes, dont des responsables du Congrès et de son administration.

«Nous avons choisi beaucoup de gens intelligents», a déclaré Donald Trump, d'excellente humeur, lors de ce repas. «Notre cabinet a de loin le QI le plus élevé de l'histoire».

Puis le magnat de l'immobilier a marché dans les pas de ses prédécesseurs en déposant, en compagnie de son vice-président Mike Pence, une gerbe sur la tombe du soldat inconnu au cimetière militaire d'Arlington, en face de Washington de l'autre côté du Potomac. Sa famille l'accompagnait.

Il devait ensuite s'exprimer au Lincoln Memorial, monument de marbre en l'honneur du 16e président américain, où un concert-meeting est organisé.

Alors qu'en 2009 Beyoncé, Bruce Springsteen, Shakira, Stevie Wonder, U2 et de nombreux autres artistes avaient chanté pour Barack Obama, le casting est cette fois moins flamboyant, bien que la star de country Toby Keith et l'acteur Jon Voight soient au programme.

Le successeur de Barack Obama dormira jeudi soir à Blair House, la résidence réservée aux chefs d'États étrangers et au président-élu, en face de la Maison Blanche où il emménagera vendredi après-midi.

Son intronisation, en plein air au Capitole vendredi à midi (17H00 GMT), sera retransmise sur les écrans de toute la planète.

Après avoir prêté serment sur la Bible, il prononcera un discours d'une vingtaine de minutes.

«Ce ne sera pas un programme détaillé, plutôt un document philosophique, sa vision de l'avenir du pays, du rôle du gouvernement et du rôle des citoyens», a déclaré son porte-parole Sean Spicer lors d'une conférence de presse à Washington.

Des centaines de milliers de citoyens, partisans et manifestants contestataires, ont commencé à converger dans la capitale pour cet événement auquel de nombreuses personnalités et VIP participeront, notamment son adversaire malheureuse, Hillary Clinton, et trois anciens présidents.

Donald Trump, 70 ans, sans expérience politique ni militaire, a d'une certaine façon été élu pour ses mauvaises manières: ses électeurs issus des classes populaires l'envoient dans le marigot fédéral afin de dynamiter le statu quo politique.

Les premiers décrets qu'il signera dès vendredi --et à partir de lundi pour les plus importants-- viseront à envoyer un signal fort sur sa détermination à rompre avec les huit années passées.

«Il est déterminé à promulguer dès le premier jour, mais également aux deuxième et troisième jour, un vrai programme de changement», a insisté Sean Spicer.

On ignore le contenu de ces premiers décrets mais les promesses de campagne du candidat à ses partisans devraient figurer en bonne place: la construction du mur avec le Mexique, l'interdiction à ses responsables gouvernementaux de se reconvertir dans le lobbying pendant cinq ans, le début de l'abrogation de la loi sur la santé Obamacare, peut-être des décisions contre l'immigration clandestine, sur l'environnement ou le code du travail.

Un travail que le Congrès devra approfondir législativement, mais que Donald Trump veut entamer par ses pouvoirs exécutifs.

De Mexico à Davos en passant par Pékin, le reste du monde s'interroge sur l'ampleur du changement de politique américaine dans les domaines du commerce et du climat, ou dans les dossiers ukrainien et syrien. Les grands patrons américains, alléchés par la promesse d'une baisse des impôts, vivent en même temps dans la crainte des tweets rageurs du nouveau président.

À la veille de son départ, Barack Obama a tenu à téléphoner à la chancelière allemande Angela Merkel, quelques jours après les propos très critiques de son successeur républicain à l'égard de la politique migratoire allemande.

Pour assurer la continuité, l'émissaire du président Obama auprès de la coalition internationale de lutte contre le groupe Etat islamique, Brett McGurk, va rester en poste, a annoncé le porte-parole de Donald Trump, ainsi que plus de 50 autres responsables, notamment à la Défense ou dans le domaine de la lutte antiterroriste.

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