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Manifestations monstres contre Donald Trump dans le monde

Bonnets roses sur la tête, des centaines de milliers de personnes, femmes surtout, ont participé samedi aux Etats-Unis et dans le monde aux «Marches des femmes» organisées pour la défense des droits civiques et contre le président Donald Trump.

Washington, New York, Boston, Atlanta, Montréal, Londres, Tel Aviv: le succès a dépassé les espérances des organisatrices et organisateurs, particulièrement aux Etats-Unis, plus fracturés que jamais au lendemain de l'investiture du président républicain dans la capitale fédérale.

«De toute ma vie, je n'aurais jamais pensé que l'Amérique puisse avoir un président en qui je n'ai pas confiance et que je ne respecte pas», a dit à l'AFP Gerri Ingerson, 58 ans, qui dirige une agence de voyage à Baltimore.

«Je ne peux pas soutenir un programme de haine et d'intolérance», a déclaré Michele Phillips, 45 ans, venue de l'Etat de New York.

A Washington, où avait lieu le plus grand rassemblement, les organisateurs ont été visiblement débordés par le succès de la marche car les manifestants ont envahi des rues autour de la Maison Blanche suivant un itinéraire non prévu, aux cris de «Hey hey, ho ho, Donald Trump doit partir!»

Une partie du centre-ville autour du bâtiment de l'exécutif était complètement paralysé, la police ayant fini par fermer par des barrières métalliques les accès au parc voisin.

Les organisateurs ont relevé leur estimation de participation de 200 000 à 500 000 personnes, selon le maire adjoint de Washington, Kevin Donahue.

Quelque 275 000 voyageurs avaient pris le métro en fin de matinée, soit 50% de plus que pour l'investiture de M. Trump la veille à la même heure, selon l'autorité de transport WMATA.

Des milliers de personnes qui n'avaient pas pu accéder à l'Independence Avenue, pleine à craquer, où était prévue la marche, sont allés manifester sur le National Mall voisin, l'esplanade du centre de la capitale, où vendredi une foule de partisans de Donald Trump avaient assisté à son investiture comme 45e président des Etats-Unis.

Parmi elles figuraient l'ancienne conseillère du président sortant Barack Obama, Susan Rice, et l'ancien secrétaire d'Etat John Kerry.

La mobilisation pour M. Trump «était vraiment faible. Ca ne ressemblait pas du tout à l'investiture d'Obama où le pays tout entier était sincèrement heureux», a souligné Kathy Small, une professeur de 67 ans venue d'Arizona.

Donald Trump n'aurait réussi à rassembler sur le Mall qu'environ un tiers de la foule qui avait acclamé Barack Obama en 2009 (460.000 se trouvaient alors sur le Mall sur 1,8 million de personnes au total), selon un expert cité par le New York Times, le professeur Keith Still.

Un décompte contesté par l'intéressé qui a accusé samedi les médias de mentir, et dit qu'il y avait jusqu'à «1,5 million» de ses partisans vendredi sur le Mall, un chiffre manifestement irréaliste.

Plusieurs manifestations avaient également lieu à Boston, New York (nord-est), Denver (ouest) ou Los Angeles (ouest).

A Chicago (nord), la marche s'est transformée en rassemblement compte tenu de l'affluence et réunissait quelque 250.000 personnes, selon les organisateurs.

«L'espoir, pas la peur», «merci de vous lever, de vous exprimer et de marcher pour nos valeurs», a tweeté à leur adresse l'ancienne rivale démocrate de M. Trump, Hillary Clinton.

Plusieurs personnalités, dont le cinéaste Michael Moore, les actrices America Ferrara et Scarlett Johansson, sont venus soutenir la marche de Washington. Madonna a fait une apparition surprise sur scène pour appeler à une «révolution de l'amour» et chanter deux chansons.

«Je ne pense pas que (Trump) ait accédé au pouvoir. Le pouvoir est ici», a lancé Michael Moore.

Beaucoup de manifestants portaient des bonnets roses à oreilles de chat («pussy hats»), devenus le symbole de l'opposition à Donald Trump.

Le terme «pussy» désigne en anglais l'animal domestique, ou le sexe féminin. C'est ce mot que Donald Trump avait utilisé dans une vidéo qui avait fait scandale en octobre, où il se vantait de pouvoir «attraper» les femmes «par la chatte».

Un grand nombre était venu en autocar, comme ce groupe de lycéens de Chicago.

«C'est incroyable» témoigne l'une d'eux, Maria Iman, 16 ans. «Je vis un moment d'histoire, et un jour j'en parlerai à mes enfants».

Le nouvel homme le plus puissant du monde n'a pas réagi à cet événement, mais a tweeté qu'il était «honoré de vous servir, le grand peuple d'Amérique, en tant que 45e président des Etats-Unis».

Donald Trump a assisté samedi matin à la cathédrale nationale de Washington à un office oecuménique.

Puis la famille présidentielle a joué au bowling à la Maison Blanche, a indiqué sur Twitter son fils Donald Jr.

Le président s'est rendu l'après-midi au siège de la CIA, en banlieue de Washington, où il assuré aux agents qu'il était «à 1.000%» derrière eux, tentant d'apaiser la polémique née de ses propos très critiques à l'encontre de l'agence de renseignement

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