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Le recours collectif des chauffeurs de taxi contre Uber autorisé

Camille Gaïor | Agence QMI

La Cour supérieure a autorisé les propriétaires de permis et chauffeurs de taxi à entreprendre un recours collectif contre Uber après près d’un an de procédure.

«C’est une belle victoire», a lancé Me Marc-Antoine Cloutier, avocat du Regroupement des travailleurs autonomes Métallos (RTAM-Métallos) et mandaté pour intenter ce recours. «Ce jugement permet aux chauffeurs de se regrouper et d’entamer une action collective de plusieurs centaines de millions de dollars contre Uber afin d’être justement indemnisés», a-t-il ajouté estimant les pertes à 300 millions $.

Lundi, la Cour supérieure a été favorable à la demande de recours collectif déposée 10 mois plus tôt par RTAM-Métallos, qui représente quelque 4000 propriétaires et chauffeurs de taxi.

Dédommagements

Concrètement, le tribunal autorise un recours afin de savoir si Uber a exercé de manière illégale avant le projet pilote débuté le 15 octobre dernier. Dans le cas où cette affirmation serait positive, Uber pourrait devoir indemniser les taxis autant pour les pertes de revenu que pour les pertes de la valeur de leur permis.

«Ça fait trois ans qu’Uber nous vole, ils ont appauvri les chauffeurs, il est temps qu’ils payent», croit Georges Tannous, du Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi, également sur le recours via le Front commun, crée l’an dernier.

L’été dernier, la Commission des transports du Québec estimait que la valeur des permis avait chuté entre 6,3 et 7,7% en un an à Montréal alors qu'au 31 mars 2016, le permis moyen valait 177 207 $.

Rappelons qu’une autre demande de recours collectif est actuellement à l’étude, cette fois déposée par les chauffeurs contre l’État québécois, qu’ils tiennent pour responsable de la chute de la valeur des permis.

«Ça va donner un peu d’espoir aux chauffeurs et aux propriétaires qui commençaient à se demander s’il y avait une justice pour l’égalité», ajoute M. Tannous.

Invitée à réagir, Uber a simplement indiqué qu’elle «prenait connaissance de ce développement».

De son côté, le syndicat demande maintenant aux chauffeurs de taxi intéressés par le recours à se mobiliser en consultant le site www.recourstaxirtam.org.

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