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Atteint d’une tumeur au cerveau, il perd son aide sociale

TVA Nouvelles

Un jeune homme atteint d’une tumeur au cerveau a perdu son aide sociale à cause d’un modeste héritage, puis parce que sa conjointe et lui ont aménagé ensemble.

L’histoire de Marc-Alexandre Gaudreau n’a rien de banal. Il est venu la raconter sur le plateau de Denis Lévesque, mardi, à LCN.

«Tout allait bien, je jouais au hockey et je faisais tout ce qu’un gars de 19 ans peut faire, relate-t-il. Un soir où je dormais chez un ami, j’ai fait une crise d’épilepsie et l’ambulance m’a amené à l’hôpital. Ils ont fait des scans et là, ils ont vu que j’avais deux tumeurs au cerveau.»

La prise de médicaments a permis de «contrôler» sa maladie «à 80%» pendant quelques années. Avec tous les risques qu’elle comportait, l’opération n’était pas un scénario envisagé.

Lorsque Marc-Alexandre a eu une rechute importante, en 2011, les médecins ont alors décidé qu’il valait mieux l’opérer. Une semaine plus tard, sa situation s’est détériorée considérablement.

Comble de malheur, le père du jeune homme, à qui on venait de diagnostiquer une leucémie six mois plus tôt, décède peu après l’opération de Marc-Alexandre.

Incapable de travailler, malade et aux prises avec des crises à répétition, il n’a d’autre choix que de se tourner vers l’aide de dernier recours. Mais comme il hérite de 10 000$ au décès de son père, Marc-André se fait alors refuser l’aide sociale.

«On m’a dit: "Il va falloir que tu vides ton compte, car on voit que tu n’es pas mal pris"», raconte-t-il.

Il rencontre l'amour

Après avoir épuisé son «pactole», Marc-Alexandre est enfin admissible à l’aide gouvernementale. Entre-temps, il rencontre l’amour, même si ça n’a pas été «un coup de foudre» et qu’il a eu besoin de «donner quelques coups de patin» pour conquérir le cœur de Marilyne.

«Ce qui le handicape le plus au quotidien, dit-elle, ce sont ses spasmes, car c’est ultra-dur à contrôler», explique Marilyne, qui dit qu’elle n’avait pas vraiment peur malgré l’état de santé de son copain. «C’était plus les autres, reconnaît-elle. J’étais sûre de mon choix.»

Leur amour s’est vécu à distance pendant un certain temps. Puis, ils sont partis en voyage, «payé par ma copine», admet Marc-Alexandre, et un miracle s’est produit. «On a eu un bébé! On a décidé qu’on voulait fonder une famille. On n’est pas différent des autres couples», raconte la jeune femme. Ils se fréquentaient alors depuis «deux, trois ans».

«On se doutait que ça allait sûrement couper les prestations, mais on ne savait pas à quel point on serait écorché dans le processus, témoigne Marilyne. On voulait jouer franc jeu, alors en déclarant, on s’attendait à être coupé, mais on ne savait pas jusqu’à quel point», explique-t-elle.

En tentant de faire valoir sa situation auprès d’un agent de l’aide sociale, Marilyne s’est fait répondre qu’elle n’avait «qu’à ne pas choisir quelqu’un qui a le cancer»!

«Moi, ce qui me fait le plus peur, souligne Marc-Alexandre, ce n’est pas ma tumeur, mais comment je vais faire pour arriver dans la vie, sans être un poids sur les épaules de personne», ajoute Marc-Alexandre.

Lui et sa conjointe se retrouvent sans trop de recours et ils lancent un appel à la population pour faire débloquer leur cause, un véritable cas d’exception.