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Avec 40% des parts du marché au Québec

Le Mouvement Desjardins veut rester un leader au Québec

Agence QMI

Le Mouvement Desjardins, l’un des plus grands employeurs au Québec, dont l’actif dépasse maintenant les 248 milliards $, a beaucoup évolué au fil du temps.

Son président et chef de la direction Guy Cormier s’est entretenu mardi avec le chef d’antenne de TVA Nouvelles, Pierre Bruneau, au sujet de la stratégie que le Mouvement Desjardins entend déployer pour consolider son rôle de leader financier.

Question : On a l’impression que le Mouvement Desjardins veut redevenir le mouvement coopératif davantage que la banque qu’on l’a qualifié d’être ces dernières années.

Guy Cormier : Le Mouvement Desjardins évolue dans une industrie financière. On comprend que les gens peuvent nous associer à une banque, car on offre les mêmes services. Mais, en même temps, nous sommes présents dans toutes les régions du Québec. On va remettre autour de 200 millions $ par année dans différentes communautés au Québec. Il n’y a pas un aréna, un festival, une école qui ne bénéficie pas du soutien du Mouvement Desjardins. C’est notre modèle.

Q : C’est votre modèle, mais on a compris au cours des dernières années qu’il avait été un peu délaissé, où dans certaines régions les Caisses n’avaient plus cette proximité avec les clients.

GC : Faire évoluer nos points de service, c’est une des décisions les plus difficiles à prendre. Aujourd'hui, neuf transactions sur dix se font hors de la caisse. On a plus de 30 % de nos points de service qui sont dans des villages où vivent moins de 2000 personnes. Ça pour nous, c’est être présent sur le territoire.

Q : On entend des dirigeants d’institutions financières dire que le défi des prochaines années serait le secteur immobilier. Qu’est-ce qu’on fait de toutes ces caisses qui vous appartiennent et qui serviront moins ?

GC : Chaque fois qu’on a à prendre une décision, on va s’asseoir avec les élus locaux et les gens d’affaires. On a des caisses qui sont devenues des centres de la petite enfance, des édifices communautaires ou professionnels. On a redonné la caisse à la communauté pour faire des projets porteurs.

Q : Est-ce que le Mouvement Desjardins a encore des visées hors Québec ?

GC : Définitivement, le Mouvement Desjardins est extrêmement présent au Québec avec des parts de marché autour de 40 %. Mais en même temps, nous avons des occasions d’affaires dans le Canada. Le Mouvement Desjardins, c’est le troisième plus important assureur de dommages au Canada. On l’oublie, mais c’est une source de fierté de devenir une entreprise canadienne.

Q : L’agence Reuters nous apprenait récemment que vous voulez vendre Western Financial Group, situé dans l’Ouest canadien.

GC : J’ai constaté rapidement en devenant président du Mouvement Desjardins qu’il y a toujours plein de rumeurs autour de notre organisation. On a vendu l’activité assurance animaux de compagnie, on a transformé la banque Western. Il va toujours y avoir des rumeurs, car le Mouvement Desjardins continue à être en action.

Q : Il y a de grands défis, notamment au niveau des nouvelles règles hypothécaires. Vous êtes le plus grand prêteur au Québec. Est-ce que ça ne vous pénalise pas ?

GC : Non, ce sont des règles prudentes, face à l’endettement des consommateurs, pour justement s’assurer que les gens qui vont accéder à l’immobilier auront une bonne capacité de remboursement. Pour nous, ce n’est pas inquiétant, il y a encore de beaux marchés en développement. Je pense au secteur de Montréal et de Québec. Il va y avoir un ralentissement, mais on va demeurer avec des parts de marché très significatives.

Q : J’aimerais vous entendre sur la Banque des infrastructures que veut créer le gouvernement fédéral. On sait qu’il y a une dualité entre Toronto et Montréal pour l’installation du siège social. Êtes-vous inquiet de voir partir cette banque vers Toronto ?

GC : À Montréal, j’entends une communauté d’affaires très active. Elle prend le temps d’expliquer nos avantages. On a une Caisse de dépôt, on a une expertise au niveau des ressources qui est très grande. On a une relève. Montréal a tous les avantages pour piloter les décisions dans ce dossier.

Q : Vous penchez vers Toronto ou Montréal ?

GC : Je penche pour Montréal, car Desjardins veut jouer un rôle majeur comme leader socio-économique. Mais, je ne suis pas capable de vous dire aujourd’hui où ça va se positionner, mais Montréal a tous les atouts pour faire le travail très correctement.

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