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Trump vante l'alliance avec Londres et le «merveilleux» Brexit

Jérôme Cartillier | Agence France-Presse

Le nouveau président américain Donald Trump a affiché vendredi son enthousiasme pour le Brexit, «une chose merveilleuse», en recevant la première ministre britannique Theresa May avec laquelle il a vanté «la relation spéciale» entre Washington et Londres.

Au cours d'une brève conférence de presse, les deux dirigeants se sont engagés à renforcer les liens après les changements de cap majeurs intervenus dans leurs pays respectifs de chaque côté de l'Atlantique, mais sont restés évasifs sur le calendrier et les contours d'un futur accord commercial.

«Je pense que nous allons très bien nous entendre», a lancé M. Trump qui faisait ses débuts sur la scène diplomatique internationale en recevant pour la première fois un dirigeant étranger. «Je suis souvent capable de savoir très rapidement si je vais m'entendre avec quelqu'un», a-t-il ajouté, prédisant «une relation fantastique» avec son invitée du jour.

Le président républicain, qui a personnellement accueilli Mme May, toute de rouge vêtue, à son arrivée à la Maison-Blanche, a accepté une invitation de la reine Elizabeth II à se rendre au Royaume-Uni dans l'année.

«L'une des choses que nous avons en commun est la volonté de donner la priorité aux intérêts des travailleurs ordinaires», a de son côté souligné Mme May, félicitant le magnat de l'immobilier septuagénaire pour sa victoire.

Image surprenante, qui a immédiatement fait la Une de nombreux journaux britanniques: les deux dirigeants se sont brièvement tenu la main en marchant ensemble sous la célèbre colonnade des jardins de la Maison-Blanche.

«Vous allez pouvoir conclure des accords de libre-échange sans avoir quelqu'un qui vous surveille et regarde ce que vous faites», a lancé M. Trump en faisant l'éloge du Brexit et soulignant combien il avait eu, en tant qu'homme d'affaires, «une mauvaise expérience» de l'Union européenne.

Au moment où les relations transatlantiques traversent une période de tensions, la première ministre britannique a pris soin de souligner que le nouveau président américain lui avait assuré qu'il était «à 100%» derrière l'OTAN.

Ce dernier, qui a qualifié il y a quelques semaines l'Alliance atlantique d'«obsolète», s'est cependant gardé de tout commentaire sur le sujet.

Comme l'a montré l'entrée en matière, tendue et chaotique, de l'administration Trump avec le voisin mexicain autour du projet d'un mur à la frontière, la diplomatie américaine entre dans une ère nettement plus imprévisible.

Les Européens en particulier ne cachent pas leur méfiance vis-à-vis du nouvel occupant de la Maison-Blanche. L'administration Trump est un «défi» pour l'UE, a lancé vendredi matin le président français François Hollande.

Interrogée sur l'attitude à adopter vis-à-vis de la Russie de Vladimir Poutine, la première ministre britannique a clairement indiqué que les sanctions contre Moscou devaient selon elle être maintenues jusqu'à ce que l'accord de Minsk soit «intégralement mis en place».

De son côté Donald Trump est resté évasif sur une éventuelle levée des sanctions, mais réaffirmé sa volonté d'améliorer les relations entre la Maison-Blanche et le Kremlin. «J'espère que nous aurons une relation fantastique. C'est possible. Et c'est aussi possible que ça ne marche pas. On verra ce qui se passera».

Concernant ses déclarations extrêmement controversées sur le recours à la torture, M. Trump a réaffirmé qu'il laisserait son ministre de la Défense James Mattis décider.

«Je ne suis pas nécessairement d'accord, mais il aura le dernier mot, car je lui ai donné ce pouvoir», a déclaré le 45e président américain après avoir souligné que ce dernier n'y était pas favorable.

La décision de Mme May de se rendre à Washington une semaine après la prestation de serment du magnat de l'immobilier a suscité une controverse au Royaume-Uni où les propos de ce dernier sur les musulmans, les femmes ou encore l'usage de la torture ont du mal à passer.

Londres espère que les discussions sur un futur accord commercial avec Washington démarrent rapidement, mais sa marge de manoeuvre reste limitée tant que le divorce avec l'Union européenne n'est pas prononcé.

Le Royaume-Uni peut «discuter» d'un éventuel accord de libre-échange avec un pays tiers, mais pas «négocier» tant qu'il reste membre de l'UE, lui a fermement rappelé la Commission européenne.

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