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Étude montréalaise

Le bilinguisme ralentit l’Alzheimer

TVA Nouvelles

L'Alzheimer connaît une progression inquiétante: près d'un million de Canadiens pourraient être atteints de cette maladie en 2031.

En vue de ralentir l’augmentation du nombre de cas, une chercheuse de l'Institut de gériatrie de Montréal est arrivée à une conclusion intéressante. Et si le bilinguisme faisait partie de la solution?

Huguette Audy revient à l'unité de neuroimagerie fonctionnelle de l'Institut de gériatrie. En compagnie de 19 autres personnes de plus de 70 ans, elle a participé à une étude sur le cerveau. La moitié étaient bilingues, les autres unilingues.

Capture d'écran TVA Nouvelles

Grâce à l'imagerie par résonnance magnétique, la chercheuse Ana Inés Ansaldo voulait savoir ce qui se passe dans la tête de ceux et celles qui parlent une ou deux langues. Pendant une trentaine de minutes, ils voyaient défiler un carré bleu et un carré jaune.

«Chaque fois que la personne voit le carré bleu, il faut qu'elle appuie sur le bouton de gauche. Et chaque fois qu'elle voit le carré jaune, il faut qu'elle appuie sur le bouton de droite», résume la Dre Ana Inés Ansaldo, chercheuse à l’Institut de gériatrie de Montréal.

Les carrés se déplaçaient continuellement dans l'écran. Tous ont obtenu des résultats similaires, mais ceux qui parlent une seule langue devaient utiliser plusieurs régions différentes de leur cerveau pour y arriver, alors que le cerveau des personnes bilingues est plus économe et utilise seulement une zone à l'arrière de la tête. Habitués à passer d'une langue à l'autre, ils sélectionnent plus facilement les informations.

«C'est peut-être ça qui explique que les bilingues montrent des signes de démence plus tardivement que les unilingues. Parce que même si la maladie est là, ils s'arrangent avec moins de cerveau. Les signes apparaissent plus tard, entre quatre et six ans plus tard chez les bilingues que chez les unilingues», explique la Dre Inés Ansaldo, qui parle cinq langues.

Cela pourrait retarder l'apparition de problèmes cognitifs chez les personnes âgées. «Apprenez des langues, essayez de garder votre cerveau actif, ne vous isolez pas, faites du bénévolat», recommande la chercheuse.

C'est ce que fait sans arrêt Mme Audy, elle-même bilingue, qui ne fait pas ses 77 ans et qui est à la retraite depuis 15 ans. «Je manque de temps! Ca me prendrait 36 heures dans une journée, peut-être que je pourrais me reposer un peu plus», confie la septuagénaire, qui s’est mise à l’apprentissage de l’espagnol.

La Dre Inés Ansaldo espère que de plus en plus de cours de langue seront offerts aux aînés, retardant du même coup l'apparition des problèmes cognitifs.

-D’après un reportage d’Harold Gagné

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